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Allemagne

Allemagne : l’élection du président malmène le camp Merkel

Joachim Gauck, candidat du Parti social démocrate et du Parti vert à l'élection présidentielle allemande, lors d'un rassemblement à Berlin, le 25 juin 2010
Joachim Gauck, candidat du Parti social démocrate et du Parti vert à l'élection présidentielle allemande, lors d'un rassemblement à Berlin, le 25 juin 2010 AFP / Rainer Jensen
Texte par : Patrick Adam
4 mn

Le nouveau président allemand sera élu mercredi 30 juin 2010 au suffrage indirect. Alors que le candidat conservateur Christian Wulff soutenu par la chancelière était donné largement vainqueur, un rival soutenu par les Verts et les sociaux-démocrates crée la surprise et sème la zizanie.

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Ce devait être la plus discrète des élections. De celles, jouées d’avance et presque consensuelles qui n’enflamment ni les foules ni la presse. Mais la désignation mercredi 30 juin du nouveau président allemand déjoue les pronostics, et ce qui devait être une sorte de non-évènement devient un rendez-vous politique de premier plan.

Au départ il y a la démission surprise le 31 mai du président Horst Köhler. Il n’a pas officiellement justifié son départ mais il pourrait s’expliquer par les remous provoqués par ses propos sur l’engagement en Afghanistan de l’armée allemande.

Une élection jouée d’avance

Sa succession, a priori, s’annonçait jouée d’avance, et l’élection de Christian Wulff, 51 ans, paraissait de pure forme. Cette figure du parti conservateur CDU dirige actuellement le gouvernement régional de Basse-Saxe. Avocat de formation, personnalité courtoise mais lisse, il a tout pour devenir le plus jeune président de la République fédérale. Une fonction purement honorifique, dont le rôle parfois est aussi de peser sur les débats de société.

Désigné par un collège électoral dans lequel la CDU et les libéraux du FDP sont majoritaires, le candidat conservateur reste quasi certain de l’emporter tant mathématiquement son avance parait assurée. Pour la chancelière Angela Merkel, le bénéfice est double. D’abord elle s’assure de la présence d’un allié à la présidence, et accessoirement neutralise pour les quatre ans que dure son mandat une étoile montante de son parti qui pourrait bien devenir un rival.

Un séduisant rival

Mais décidément, pour Angela Merkel, en ce moment rien ne semble se passer comme prévu. Enterrée dans les sondages, secouée par les disputes permanentes de sa coalition, laminée par la défaite de sa formation en Rhénanie du Nord-Westphalie, la chancelière a besoin d’une victoire et surtout ne peut se permettre une défaite.

Or cette nouvelle élection est l’occasion de réveiller la fronde. Car face à Christian Wulff, l’opposition des Verts et du SPD présente Joachim Gauck, 70 ans, ancien pasteur de l’ex-RDA. Et l’ancien dissident a su trouver les mots qui ont touché une Allemagne qui doute d’elle-même.

L’homme providentiel

Il est devenu la coqueluche des médias et de l’opinion. Der Spiegel le compare même à Barack Obama. Aucun doute qu’il incarne la figure du père de la nation, capable de rassembler, consensuel sans être vide de toute substance.

Le seul à ne pas tomber sous le charme c’est Die Linke, l’extrême gauche, qui comporte dans ses rangs bon nombre d’anciens communistes qui n’ont pas apprécié que Joachim Gauck se voit confier la gestion des dossiers de la Stasi après la chute du mur. L’homme aura tellement imprégné le travail de l’institution qu’il est courant de la désigner sous le terme de « administration Gauck ». La situation est à ce point critique pour le gouvernement que certains cadres de la CDU, soucieux de se distancier d’une coalition qui tangue, ne cachent pas leur intention de voter pour Gauck.

Merkel rejette la main tendue

Les Verts et les sociaux-démocrates avaient dans un premier temps proposé à Angela Merkel que Joachim Gauck soit le candidat commun. La chancelière a refusé de se rallier au candidat de l’opposition. Elle risque aujourd’hui de la voir supplanter son poulain. Un comble.
 

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