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Union européenne/Belgique

Une Belgique affaiblie prend la présidence de l’Europe

Yves Leterme, Premier ministre Belge.
Yves Leterme, Premier ministre Belge. Reuters
Texte par : Béatrice Leveillé
4 mn

Tous les six mois, la présidence du Conseil de l'Union européenne est assurée par un Etat membre différent. La Belgique succède à l’Espagne à partir de ce jeudi 1er juillet. A quoi va ressembler cette présidence belge alors que le pays est en crise politique et que le nouveau gouvernement n'est pas encore formé ?

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Le gouvernement d'Yves Leterme a donné sa démission et le prochain gouvernement ne sera pas sur pied avant octobre. La présidence belge de l'Union européenne ne débute pas dans les meilleures conditions comme le reconnaît Dave Sinardet, un politologue de l'université d'Anvers : « Une présidence de l’Union européenne, c’est l’occasion pour un pays de travailler son image. Bien sûr, cela ne vient pas pour la Belgique au bon moment ». La population belge est plus divisée que jamais entre Flamands et Wallons et elle est dubitative sur les actions que pourraient mener la présidence belge de l'Union européenne. Pour René Swennen, avocat et écrivain wallon, le gouvernement belge n'a aucune marge de manœuvre : « Yves Leterme ne peut plus prendre aucune initiative en Belgique ! Alors qu’il est paralysé en Belgique, il pourrait prendre des initiatives importantes en Europe ? Cela paraît inimaginable ! Il va, là aussi, gérer les affaires courantes donc l’impact de la présidence belge sera très limité. »

Des projets très concrets pour faire face à la crise

La faiblesse du gouvernement belge peut être l’occasion pour les nouvelles institutions européennes de prendre leur essor. D’autant que la présidence permanente du Conseil est désormais entre les mains d'un ancien Premier ministre belge. La présidence tchèque avait elle aussi commencé sans gouvernement. Elle n’a pas laissé un souvenir marquant mais elle s’est déroulée normalement. Le gouvernement démissionnaire d'Yves Leterme aurait bien préparé la présidence et son ministre des Finances Didier Reynders a en tous cas des projets très concrets pour faire face à la crise :« D’abord suivre le calendrier pour faire adopter une série de directives sur la supervision des marchés financiers et sur la régulation des fonds d’investissements. On voudrait avancer à un rythme soutenu en collaboration avec le Parlement européen. L’autre ambition c’est la gouvernance économique c’est vraiment de se dire d’ici à la fin de l’année : comment peut-on avancer dans un vrai débat avec le Parlement, la Commission, avec la Banque centrale et les Parlements nationaux sur le gouvernement économique et social de l’Europe ? On doit pouvoir donner plus de pouvoir à la Commission européenne dans la procédure budgétaire mais on essaie de définir ensemble les objectifs qu’on veut fixer en matière de croissance, d’emplois, de développement durable parce que les objectifs éco-sociaux et de protection de l’environnement vont de pair. »

Le ministre belge des Finances est convaincu que l'ouverture d'un débat sur ces questions économiques est susceptible de lever les obstacles mais il aura fort à faire pour convaincre les Britanniques qui rejettent tout ce qui pourrait ressembler à un gouvernement économique européen. Homme clé de la présidence belge, Didier Reynders sera en plus probablement contraint de quitter ses fonctions en cours de présidence lorsque le prochain gouvernement sera formé en Belgique.
 

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