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Etats-Unis / Europe

Washington rassure ses alliés européens

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili (g) et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, lors de leur rencontre à Tbilissi, le 5 juillet 2010.
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili (g) et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, lors de leur rencontre à Tbilissi, le 5 juillet 2010. Reuters / Irakli Gedenidze
Texte par : Jean-Jacques Héry
3 mn

Hillary Clinton a bouclé lundi 5 juillet 2010 une tournée de cinq jours en Europe de l’Est et dans les républiques du Caucase. Au programme : l’Ukraine, la Pologne, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie. Pendant son voyage, la secrétaire d’Etat américaine a avant tout rassuré ses alliés dans la région, inquiets du récent réchauffement des relations entre les Etats-Unis et la Russie. Elle a également affirmé la volonté de l’administration Obama de se poser en médiatrice pour parvenir à un règlement des conflits territoriaux dans le Caucase.

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Rassurer dans un esprit de conciliation. C’était, semble-t-il, le mot d’ordre de la tournée diplomatique d’Hillary Clinton. Le ton était donné dès le deuxième jour du voyage, en Ukraine, pays qui s’est à nouveau tourné vers la Russie depuis l’accession de Viktor Ianoukovitch à la présidence en février dernier. A Kiev, la secrétaire d’Etat américaine a affirmé au chef d’Etat pro-russe que la porte de l’OTAN était toujours « ouverte » malgré le vote, le soir précédent, par le Parlement ukrainien d’une loi empêchant l’adhésion à l’organisation. Elle a par ailleurs qualifié de « faux choix » le tiraillement du pays entre Occident et Russie.

Cette volonté de contrecarrer l’influence russe était également visible au cours de l’étape géorgienne de ce tour d’Europe de l’Est. « Nous continuons de critiquer les actions de la Russie qui nous paraissent mauvaises, et l'invasion et l'occupation de la Géorgie sont en haut de la liste », a notamment déclaré Hillary Clinton à Tbilissi. Avec la réaffirmation du soutien américain à l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN, ces propos ont de quoi rassurer des Géorgiens inquiets de faire les frais des derniers rapprochements entre Américains et Russes.

Préserver les intérêts américains dans la région

Si la critique américaine de l’influence russe dans la région s’est faite plus feutrée en Ukraine, ce n’est pas seulement parce que l’élection du pro-russe Ianoukovitch a changé la donne en ramenant le pays dans le giron russe. C’est également en raison des intérêts stratégiques et économiques à ne pas se couper de l’Ukraine. Washington s’est d’ailleurs dit prêt à investir dans le secteur énergétique et gazier ukrainien.

En Azerbaïdjan, c’est un autre facteur qui a poussé Hillary Clinton à réaffirmer l’ambition américaine d’être « un partenaire, un soutien, un défenseur ». Les Etats-Unis utilisent la petite république du Caucase comme une base logistique où transitent tout le matériel et les véhicules militaires américains en partance pour l’Afghanistan. Alors même que 30 000 hommes doivent partir renforcer les troupes de la coalition, pas question pour les Américains de prendre le risque de détériorer davantage des relations déjà tendues avec le régime du président Ilham Aliev. C’est l’appui de Washington au rapprochement entre la Turquie et l’Arménie qui a fâché Bakou. L’Azerbaïdjan n’a pas apprécié de voir les Etats-Unis privilégier ses voisins arméniens, des voisins avec qui ils sont en conflit territorial depuis la fin des années 1980 et la sécession de la région frontalière du Nagorny-Karabakh. Le pouvoir azéri a même menacé de « revoir » ses liens avec Washington.

Le conflit du Nagorny-Karabakh

Pour apaiser les tensions et regagner la confiance de l’Azerbaïdjan, Hillary Clinton a calmé le jeu. « Nous sommes prêts à aider l'Azerbaïdjan et l'Arménie à trouver un accord de paix durable et à le mettre en œuvre », a-t-elle déclaré à propos du conflit qui empoisonne les relations entres les deux pays du Caucase. Un message répété à Erevan qui s’est traduit par une petite avancée. Le ministre des Affaires étrangères arménien Edouard Nalbandian et son homologue azéri devraient se rencontrer à la mi-juillet.

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