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L’Espagne va-t-elle toucher les dividendes de sa victoire au Mondial?

Les footballeurs de « la Roja » ont remonté le moral de la population espagnole, mais cette victoire ne garantit pas à l’Espagne des lendemains qui chantent.
Les footballeurs de « la Roja » ont remonté le moral de la population espagnole, mais cette victoire ne garantit pas à l’Espagne des lendemains qui chantent. REUTERS/Marcelo del Pozo
Texte par : Tudor Tepeneag
5 mn

Les footballeurs de « la Roja » ont été reçus en héros à Madrid, ce lundi 12 juillet. Dès le coup de sifflet final une atmosphère de liesse populaire et de fierté nationale retrouvée avait gagné les villes espagnoles. Pourtant, la victoire tant rêvée au Mondial sud-africain ne garantit pas à l’Espagne des lendemains qui chantent. Oubliée pour quelques moments, la crise économique reste bien présente. Le chômage avoisine toujours les 20% et la marge de manoeuvre du gouvernement est bien étroite.

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Le retour des héros à Madrid. Ambiance sur la Gran Via avec notre correspondant

Les autorités de Madrid essaient de mettre à profit l’image d’une équipe nationale de foot unie, qui gagne au plus haut niveau. Andres Iniesta, qui a marqué le but de la victoire dans la finale contre les Pays-Pas, en est le symbole. Né en Castille, il s’est très bien intégré dans l’équipe catalane du FC Barcelone. Le Premier ministre, José Luis Rodriguez Zapatero, a félicité en direct à la radio le père d’Iniesta. Il s’est dit convaincu que cette victoire va apporter à ses compatriotes « de l’estime de soi et de la confiance » et que l’Espagne va « se lever avec force ».

Mais quelle sera la portée de cet enthousiasme des Espagnols ? Difficile à savoir, selon Guillaume Fourmont, journaliste au quotidien Publico, invité de RFI. Il rappelle que la victoire de l’Espagne dans le Championnat d’Europe 2008 n’a pas eu un effet magique sur l’économie du pays, qui n’a pas été épargnée par la crise et s’est enfoncée dans la récession à peine quelques mois plus tard.

Instabilité politique à Madrid

Parmi les problèmes actuels de l’Espagne, cités par le journaliste du Publico, la crise économique mais aussi l’instabilité politique à Madrid, les déboires de l’opposition de droite, mêlée à des affaires de corruption, et le regain de nationalisme en Catalogne, illustré par la manifestation de samedi, qui a réuni 400 000 personnes dans les rues de Barcelone.

La plupart des réformes sociales imposées par le gouvernement socialiste ont été contestées au niveau local dans les régions gouvernées par l’opposition de droite. Dernier exemple en date, la nouvelle loi sur l’avortement, votée il y a à peine quelques mois et déjà bloquée dans plusieurs régions.

Diplomatie sportive et diplomatie politique

Les mesures anti-crise du gouvernement espagnol restent par ailleurs impopulaires. La fête en l’honneur des nouveaux champions du monde était loin d’être finie lorsque les syndicats des transports ont voté une grève d’une semaine dans le métro madrilène, insiste Guillaume Fourmont. Mis en minorité au Parlement, le chef de l’exécutif espagnol devra encore s’expliquer prochainement sur sa politique, lors de son discours sur l’état de la nation.

Le gouvernement de Madrid a peu d’atouts à sa disposition. Avec le sacre de l’équipe nationale en Afrique du Sud il essaie de faire jouer la diplomatie sportive. Il ne néglige pas non plus la diplomatie politique : la libération annoncée de 52 prisonniers politiques cubains peut être attribuée en grande partie au ministre des Affaires étrangères espagnol. Autant de bons points, mais qui ne suffiront sans doute pas à qualifier l’Espagne dans le groupe des pays ayant vaincu la crise.

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