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Aéronautique

L’aéronautique ne connaît pas la crise au salon de Farnborough

Le nouvel avion de Boeing, le 787 Dreamliner, a été présenté au salon international aéronautique de Farnborough le 19 juillet 2010.
Le nouvel avion de Boeing, le 787 Dreamliner, a été présenté au salon international aéronautique de Farnborough le 19 juillet 2010. Reuters/Kieran Doherty
Texte par : Genc Burimi
5 mn

Le salon de Farnborough dans la banlieue de Londres est l’autre grand rendez-vous européen de l’aéronautique qui s’alterne tous les deux ans avec celui du Bourget en France. Il a ouvert ses portes du 19 au 25 juillet. Sa vedette s’appelle 787 Dreamliner, le nouveau-né chez Boeing dont la commercialisation prévue pour la fin de cette année n’aura lieu qu’en début d’année prochaine.

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L’édition 2010 du salon aéronautique de Farnborough ne déroge pas à la règle de ce genre d’événements qui a pour toile de fond la rivalité entre Airbus et Boeing. Elle se matérialise dans les annonces successives et bruyantes de commandes pour l’un ou l’autre avionneur afin d’occuper l’espace médiatique dès le premier jour du salon. Airbus et Boeing ont ainsi annoncé pour plus de 23 milliards de dollars de commandes, ce qui confirme la reprise du marché du trafic aérien après le pic de la crise qu’il a connu en 2009.

Tout y passe, des commandes d’achat d’avions jusqu’aux moteurs d’avion. C’est Boeing qui semble pour l’instant enregistrer les meilleures affaires grâce notamment à une commande en provenance de la compagnie aérienne de Dubaï, Emirates, qui achète trente avions long-courriers 777-300 pour plus de 9 milliards de dollars. Chez Airbus, ce sont les loueurs d’avions qui se distinguent par des achats mirobolants. Neuf milliards de dollars de commandes également, que partagent à valeur égale la société américaine de location d'avions Air Lease Corporation (ALC) et sa consœur GECAS, filiale du conglomérat américain General Electric. Mais cette dernière fait son marché également auprès de Boeing pour 3 milliards de dollars de commandes.

Airbus attire en même temps des commandes des compagnies régulières comme c’est le cas de la compagnie russe Aéroflot qui lui achète onze appareils Airbus A330-300 pour un montant de 2,3 milliards de dollars. De leur côté les Chinois se contentent d’acheter des moteurs d’avion Airbus. La compagnie chinoise China Eastern a ainsi signé un contrat avec la coentreprise franco-américaine CFM pour équiper trente Airbus A320.

787 Dreamliner, le joker de Boeing

Si Airbus ambitionne de vendre une centaine d’appareils au cours de ce salon, Boeing cherche à frapper les esprits par son tout nouvel appareil le 787 Dreamliner, un long courrier de capacité de 210 à 290 places. Il cristallise le meilleur de la technologie aéronautique se voulant même comme un défi aux techniques de la construction des fuselages des avions. Pour la première fois dans l’histoire de l’aéronautique le corps d’un avion est composé majoritairement de fibres de carbone au lieu du métal intégral. L’avantage est qu’un tel composite rend l’avion beaucoup plus léger diminuant de 20% sa consommation de kérosène. L’inconvénient c’est que si le métal se déforme en cas de choc, le composite de carbone se casse intégralement. Sans évoquer la vulnérabilité à la foudre, une question très complexe dans le cas du composite en carbone.

C’est pour toutes ces raisons que le développement du 787 Dreamliner a duré six ans et engloutit des milliards de dollars. Sa commercialisation accuse de nouveau un léger retard de quelques semaines. Elle est prévue maintenant pour début 2011. Mais le prototype d’essais qui s’est posé au salon de Farnborough a effectué un vol parfait focalisant sur lui toute l’attention des médias présents au salon. Très séduisant sur le plan des économies de carburant, le 787 Dreamliner a déjà attiré plus de 860 commandes même si une petite centaine s’est désistée en raison des retards et de sa complexité technologique.

Airbus a décidé de porter la riposte dans ce créneau également en proposant l’équivalent du 787 Dreamliner sous la version de l’A350 prévu pour 2012. Chez Airbus on espère que la mésaventure qu’a connue le développement de l’A380 ne se répète pas avec l’A350.

Le réveil de la concurrence

Alors qu’ils bataillent entre eux depuis leurs débuts, Boeing et Airbus doivent surveiller de près la concurrence qui vient leur disputer une partie de leurs marchés notamment celui des moyens-courriers où les deux grands opèrent avec l’A320 et le Boeing 737. Les russes, les canadiens, les chinois, les japonais, voire les brésiliens mettent sur le marché ce type d’avions.

Au salon de Farnborough, la compagnie aérienne indonésienne Kartika Airlines a ainsi finalisé une commande de 30 avions russes de Soukhoï notamment des Superjet 100 pour une valeur estimée à 951 millions de dollars. De son côté le canadien Bombardier s’apprête à signer un contrat avec Qatar Airways pour son avion CSeries, un moyen-courrier de plus de 100 places.

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