Espagne

La corrida bannie en Catalogne

La corrida, spectacle emblématique et symbole culturel du pays, sera désormais interdite en Catalogne.
La corrida, spectacle emblématique et symbole culturel du pays, sera désormais interdite en Catalogne. Reuters/Enrique Castro-Mendivil

Les députés catalans ont voté, mercredi 28 juillet, à une large majorité, 68 députés contre 55, en faveur de l’interdiction de la corrida dans la région la plus riche d’Espagne.

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Cruelle déception pour les aficionados, les passionnés de tauromachie, mais ils sont de moins en moins nombreux dans la province espagnole. C’est le désintérêt pour la corrida qui est invoqué par les députés catalans qui ont voté l’interdiction. Selon le quotidien espagnol El Pais, en 2009, il n'y a eu que 900 corridas organisées en Espagne, 350 de moins qu'en 2008 et en Catalogne seulement une quinzaine. « Il y a certaines traditions qui ne peuvent plus être maintenues alors que la société change. Il ne faut pas tout interdire mais certaines pratiques avilissantes doivent disparaître », a déclaré Josep Rull, député du parti nationaliste catalan CiU.

La Catalogne est la deuxième région après les Canaries à interdire la corrida. Depuis 1999, les jeunes de moins de 14 ans étaient interdits de corrida sur tout le territoire de la Catalogne. Le spectacle de la mise à mort des taureaux était déjà considéré comme néfaste pour les enfants. Barcelone n’est pas un berceau de la tauromachie comme Séville et les amateurs sont beaucoup moins nombreux qu’à Madrid, on parle de 10 000 aficionados. La corrida rapporte moins que dans le reste de l’Espagne. Sur un pactole de 2 milliards 500 millions d’euros, les arènes de Barcelone ne pèsent pas lourd : le manque à gagner est estimé à 300 millions d’euros.

La victoire des abolitionnistes était annoncée

Le projet des nationalistes catalans avait provoqué à Madrid une contre réaction : à la demande du gouvernement la corrida pourrait être considérée comme faisant partie du patrimoine national et être à ce titre protégée. Portée par les nationalistes, l’interdiction de la corrida est perçue comme une démarche anti-espagnole. Pour Carlos Nunez, président de la fédération des éleveurs taurins : « Les dirigeants politiques catalans en font un prétexte pour créer une identité artificielle ». L’interdiction de la corrida permettrait aux Catalans de se singulariser vis-à-vis des autres régions espagnoles mais les parlementaires catalans assurent pourtant que le mouvement anti-corrida n'est pas lié aux velléités d’indépendance.

L’initiative revient en fait au groupe anti-corrida Prou ! (Assez !), dont la pétition avait recueilli 180 000 signatures. L'interdiction entrera en vigueur en 2012 ce qui signifiera la fermeture des arènes en Catalogne mais la bataille n’est pas finie pour autant. Le groupe Prou !, encouragé par le vote des parlementaires catalans, veut étendre sa campagne à d'autres régions d'Espagne. Pour les anti-corridas, la tauromachie impose aux animaux des souffrances qui n'ont pas leur place dans une société moderne. Pour ses partisans, le face-à-face du torero et du taureau est le plus beau des spectacles. Une tradition célébrée par les plus grands artistes comme Pablo Picasso ou Federico Garcia Lorca qui fait vivre des milliers de personnes.

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