Pologne

En Pologne, manifestations contre le déplacement d’une croix en hommage au drame de Smolensk

Lors d'une manifestation au sujet de la croix de commémoration, les soldats polonais montent la garde devant le palais présidentiel à Varsovie, le 3 août 2010.
Lors d'une manifestation au sujet de la croix de commémoration, les soldats polonais montent la garde devant le palais présidentiel à Varsovie, le 3 août 2010. REUTERS/Kacper Pempel

En Pologne, une foule en colère a empêché, mardi 3 août 2010, qu'une croix géante érigée devant le Palais présidentiel soit déplacée dans une église. Cette croix avait été installée après le drame de Smolensk et la mort dans un accident d'avion en Russie de près d'une centaine de personnalités polonaises, dont le chef de l'Etat et son épouse. Le successeur de Lech Kaczynski avait annoncé que la croix, comme prévu, serait installée à proximité, mais entre ferveur religieuse et contestation politique, cela n'a pas été possible.

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Armés de leurs seuls prières et de chants religieux, ils ont dû reculer face aux gaz lacrymogènes de la police. Reculer mais pas céder: ils ont même gagné, la croix va rester là.

Ce sont les scouts qui l'avaient installée, spontanément, peu après le drame de Smolensk. Une croix de plusieurs mètres de haut, devenue depuis l'annonce de son déplacement par le nouveau président, un lieu de ralliement pour les partisans de l'ancien chef de l’Etat.

Jour et nuit, ils venaient prier, déposer des fleurs, allumer des bougies, et c'est par centaines qu'ils ont fait rempart de leurs corps pour que ce monument provisoire n'aille, à titre définitif, rejoindre l'église Sainte-Anne toute proche.

La présidence s'en remet à l'Eglise

Le transfert officiel, avec prêtres et jeunes scouts a dû être annulé pour des raisons de sécurité. La foule ne s'en laissait pas compter. On a vu une femme âgée vouloir s'y attacher, d'autres proclamer que la croix était devenue le symbole de la nation.

Difficile de faire la part entre la douleur sincère, la défense d'un symbole en terre catholique, et la récupération politique. La présidence prudente, décide de surseoir et s'en remet à l'Eglise, espérant que la hiérarchie catholique prenne l'initiative du transfert tel qu'il était prévu, et apaise la foule.

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