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La marine russe, 10 ans après le naufrage du Koursk

Le sous-marin "Koursk" dans la base de Vidyayevo en Russie.
Le sous-marin "Koursk" dans la base de Vidyayevo en Russie. AFP/ Stringer

C’était le 12 aout 2000, le sous marin nucléaire, K-141 Koursk faisait naufrage en mer de Barents. L’accident avait couté la vie à 118 marins, officiellement à cause de l'explosion d'une torpille défectueuse. La plus grande catastrophe navale militaire survenue en temps de paix. La marine russe avait été incapable d’aller chercher à temps les survivants bloqués dans la coque. Dix ans après, à Saint-Petersbourg, les familles et les amis de l’équipage du Koursk n’ont rien oublié. Saint-Petersbourg, c’est la ville de la prestigieuse académie navale de Russie, c’est aussi là que sont enterrés 38 des marins du Koursk. Aujourd’hui certains officiers parmi les proches des victimes soutiennent que les choses ne sont pas améliorées, Moscou n’aurait pas tirés les leçons de la catastrophe.

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Des accidents, liés à l’utilisation de matériel obsolète, et au non respect des règles de sécurité, la marine russe en a connus beaucoup après la chute de l’Union soviétique, mais celui du Koursk, le fleuron de la flotte du Nord, fut fatal à la réputation de la marine et révéla l’incapacité des autorités à faire face à une catastrophe majeure.

Les heures noires de la marine russe

Dans les villes, l’uniforme ne fait plus rêver. Les bas salaires proposés aux officiers attirent peu de candidats chez les jeunes diplômés. Sur des bases navales à l’abandon, l’état-major a du envoyer des dizaines de bâtiment à la casse. De nombreux navires, dont certain à propulsion nucléaire ont pourri le long des quais pendant des années avant les pays occidentaux viennent en aide à la Russie à coup de dizaine de millions de dollars. Aujourd’hui, la majorité des vieux navires russes ont été réduits en pièces. Mais pour le pouvoir russe, la dépollution des sites, et le retraitement des déchets représentera une charge financière estimée à 850 millions de dollars par an, au moins jusqu’en 2012.

Un nouvel essor ?

Malgré les difficultés, le Kremlin souhaite de nouveau faire de la marine russe un outil de sa politique étrangère. Le pouvoir s’est lancé dans un vaste programme de remise à niveau, particulièrement de sa flotte du Pacifique, face à la montée en puissance de la Chine.

L’an dernier, l’armée russe est parvenue à mener une dizaine de patrouilles opérationnelles avec ces sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Des patrouilles d’une durée d’environ un mois qui laissent penser que la Russie est quasiment en mesure de maintenir 24 heures sur 24, un bâtiment sous la mer, prêt à réaliser une frappe nucléaire, une première depuis la chute de l’union soviétique.

Moscou ambitionne à présent, de construire 8 nouveaux sous-marins équipés des missiles stratégiques d’ici 5 ans. Les premiers essais des submersibles de la classe « Borei » ont débuté l’an dernier.

Espoirs à l'exportation

Mais la Russie connait d’importants problèmes industriels. Les essais des missiles « Bulava », qui doivent équiper ses sous-marins, ont tourné au cauchemar, principalement à cause de malfaçons ou de problèmes de qualité. Dans les bureaux d’études, les plus brillants ingénieurs en construction navale issus des facultés soviétiques, ont quitté le pays dès le début des années 90.

La relève n’est pas assurée. Les décideurs russes comptent sur l’exportation pour redynamiser le secteur et faire entrer des devises, mais là non plus les choses ne sont pas faciles. Il y a deux ans, en présence de clients « indiens », une fuite de gaz à bord du sous-marin Nerpa a causé la mort de 20 marins lors d’essais en mer du Japon. Le bâtiment sera malgré tout livré à la marine indienne d’ici la fin de l’année.

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