Turquie

Les rebelles kurdes proposent une trêve à la Turquie sous conditions

Des rebelles kurdes brandissent le portrait de leur leader Abdullah Ocalan, le 1 août 2010
Des rebelles kurdes brandissent le portrait de leur leader Abdullah Ocalan, le 1 août 2010 AFP/MUSTAFA OZER

Les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) vont observer à l'occasion du ramadan et jusqu'au 20 septembre une trêve dans leurs opérations contre les forces armées turques. Le groupe armé kurde se réserve tout de même le droit à l’autodéfense et conditionne ce cessez-le-feu à un arrêt des opérations militaires turques ainsi qu'à la libération de 1 700 de ses membres.

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Avec notre envoyée spéciale à Erbil, Fatma Kizilboga

L’annonce traditionnelle de cessez-le-feu observé durant le mois de ramadan a cette année toutefois quelques airs de menace. Jusqu’au 20 septembre, le groupe armé kurde observera un arrêt des violences, sous conditions, tout en se réservant le droit à l’auto- défense dans la mesure où l’armée turque continuera, elle, les combats. Difficile donc de s’attendre à un arrêt total des attaques.

C’est dans leur QG situé à plus de 3000 mètres d’altitude que les dirigeants du PKK ont annoncé hier un cessez-le-feu.

Trêve pour le PKK

Le président de la République turque, Abdullah Gul, a immédiatement réagi dans la soirée du 13 août en déclarant que la Turquie continuerait sa lutte contre le terrorisme, refusant toute tractation avec le groupe armé kurde.

Les dirigeants du PKK appellent avant tout l’ONU ainsi que la communauté internationale à jouer un rôle plus actif dans la résolution du conflit, ce qui semble montrer la position difficile dans laquelle se trouve la rébellion kurde. Une position difficile, notamment en raison de la coopération stratégique des autorités irakiennes et aussi de l’armée américaine qui soutiennent la Turquie contre le groupe armé kurde.

Le Parti des travailleurs du Kurdistan exige également que la Turquie accepte leur leader, Abdullah Ocalan, emprisonné à perpétuité dans l’île d'Imrali comme principal interlocuteur dans les négociations de paix, une option toujours refusée par Ankara.

Enfin, les militants armés appellent les kurdes de Turquie à un boycott du projet de réforme constitutionnelle, projet proposé par le gouvernement turc du Parti pour la justice et le développement. Pour le PKK, le texte qui sera soumis à référendum le 12 septembre prochain ne prévoit aucune amélioration du droit des Kurdes en Turquie.

 

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