France / Roumanie

Rencontre ministérielle franco-roumaine sur la question des Roms

Des familles de Roms à l'aéroport de Bucarest arrivant de France, le 19 août 2010.
Des familles de Roms à l'aéroport de Bucarest arrivant de France, le 19 août 2010. REUTERS/Radu Sigheti

Les ministres roumains de I’Intégration des Roms et de la Sécurité publique devraient proposer une stratégie pour une meilleure insertion sociale des Roms, à l’occasion de leur rencontre, avec leurs homologues français, mercredi 25 et jeudi 26 août, à Paris. Ce sera la première réunion ministérielle depuis l’accélération du démantèlement des camps de Roms en France, dans un contexte de tensions entre les deux pays.

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Par Benoît Martin

Les secrétaires d’Etat roumains Valentin Mocanu et Dan Valentin Fatuloiu, en charge respectivement de I’Intégration des Roms et de la Sécurité publique, seront reçus, place Beauvau, par les ministres français de l’Intérieur et de l’Immigration, Brice Hortefeux et Eric Besson, et au quai d’Orsay par le secrétaire d’Etat aux affaires européennes Pierre Lellouche. Au menu des discussions : la lutte contre les réseaux criminels et la réinsertion sociale des personnes.

Pour Paris, poser la question de Roms, c’est d’abord mettre Bucarest devant ses responsabilités. Car dans leur majorité, les Roms expulsés de France sont de nationalité roumaine ou bulgare. La communauté rom de Roumanie compterait de 530 000 à 2,5 millions de membres, selon les estimations (recensement, ONG, Conseil de l’Europe). Environ 15 000 Roms de Roumanie, de Bulgarie et d’autres pays d’Europe de l’est seraient présents sur le territoire.

La France met la Roumanie sous pression

Renforcer l’intégration des Roms dans leur pays d’origine pour éviter les afflux dans les pays d’accueil. La France met la pression sur la Roumanie en ce sens. Quelques jours avant l’arrivée des officiels roumains, Paris a encore précisé ses attentes : « une meilleure coopération dans la réinsertion de ses propres ressortissants », selon le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, « une aide à la réinstallation des Roms dans leur propre pays », selon les mots d’Eric Besson. Dans une tribune publiée dans Le Figaro du mardi 24 août, Pierre Lellouche insiste : « Avant la liberté de circuler d’un pays à l’autre de l’Union européenne, il y a le devoir pour chaque Etat membre d’assurer la protection et l’intégration de ses propres ressortissants ». Pour Paris, les aides financières européennes doivent être affectées plus directement à l’insertion des Roms.

Bucarest critique Paris

Une pression sans faille, comme pour répondre aux critiques de Paris. Depuis le nouveau discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy, cela ne s’arrête pas. La semaine dernière, le ministre roumain des Affaires étrangères a pointé « un risque de dérapage populiste et de réactions xénophobes sur fond de crise économique. C'est un problème qui ne se résoudra pas en 48 heures, ni avec des mesures policières et qui doit être réglé loin des fièvres électoralistes». Pour la présidente de la Chambre des députés, Roberta Anastase, « il n’est pas correct de concevoir des culpabilités collectives. Ce n’est pas européen ». Selon la députée, la Roumanie ne fuit pas ses responsabilités.

Des progrès importants ont été faits

Manque de responsabilités des autorités roumaines et respect total du droit européen, côté français. Accusations de racisme et violation du droit de libre circulation, côté roumain. La France et la Roumanie ont chacune leurs problèmes avec les Roms. Chacun tente de rejeter la plus grande part des responsabilités sur l’autre.

Paris et Bucarest sont au moins d’accord sur une chose : la dimension européenne de la question rom. En chœur, Paris et Bucarest réclament un plan européen d’intégration des Roms. Un plan que la Roumanie appelle de ses vœux depuis 2008, comme l’a souligné le président roumain Traian Basescu.

Après la visite des ministres roumains à Paris, ce 25 et 26 août, ce sera au tour d’Eric Besson et de Pierre Lellouche de se rendre à Bucarest, en septembre, pour poursuivre la recherche de solutions à une meilleure intégration de la minorité rom dans les pays européens.

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