Espagne/Mauritanie/Terrorisme

Soulagement embarrassé en Espagne après la libération des otages

Roque Pascual (au micro) et Albert Vilalta, les deux ex-otages de l'AQMI, s'adressent aux medias à leur arrivée à l'aéroport de Barcelone le 24 août 2010.
Roque Pascual (au micro) et Albert Vilalta, les deux ex-otages de l'AQMI, s'adressent aux medias à leur arrivée à l'aéroport de Barcelone le 24 août 2010. Reuters / A. Gea

Joie et soulagement en Espagne mais aussi une interrogation : y a-t-il eu contrepartie, et laquelle, à la libération des deux otages catalans ? Madrid aurait payé huit millions d'euros en plusieurs fois selon un journal espagnol.

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Avec notre correspondante à Madrid, Diane Cambon

En Espagne, on continue de se réjouir de la libération des deux coopérants catalans, Albert Vilalta et Roque Pascual, mais le mystère plane toujours sur les détails de leur libération.

Ils nous ont traité correctement en dépit des mauvaises conditions de vie auxquelles sont confrontés ces gens.

Roque Pascual

Est-ce qu’en plus d’avoir obtenu l’extradition au Mali de l’un de leurs chefs, « Omar le Sahraoui », les ravisseurs ont touché une rançon ? Le journal conservateur ABC évoque le chiffre des huit millions d’euros versés par le gouvernement espagnol, de façon échelonnée durant les neuf mois de la prise d’otages.

Mais une autre question reste sans réponse : y a-t-il eu une compensation financière ou autre pour les pays africains qui ont aidé dans les négociations ?

Ces interrogations ne suscitent en tout cas pas de vifs débats en Espagne. Il est évident pour la majorité de la classe politique et les médias qu’une libération d’otages se paye. Et comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, « le plus important, c’est qu’ils soient en vie et libres ».

La libération des deux humanitaires espagnols a été obtenue après des mois de négociations et de multiples va et vient d'émissaires burkinabés et espagnols dans la sous-région. Une libération aux forceps en quelque sorte, trois semaines après la mort en détention de l'otage français Michel Germaneau.

C'est mi-juillet que tout s'est accéléré sous la pression espagnole, chacun des Etats concernés a fait un pas.

La Mauritanie a expédié le jugement d'un complice d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), et l'a remis aux autorités maliennes. Relâché immédiatement à sa descente de l'avion à Bamako, «Omar le Sahraoui» a clairement été une des monnaies d'échange.

A son actif, le Mali a accepté de sécuriser un couloir humanitaire pour laisser les émissaires burkinabés terminer leur médiation et rapatrier les otages.

Cette collaboration de circonstance entre Etats voisins, ne signifie pas pour autant qu'un rapprochement s'est opéré entre les capitales de la zone sahélienne. Selon de bons connaisseurs du dossier, elle n'augure pas forcément non plus d'une meilleure coopération en matière de lutte contre le terrorisme.

Elle coupe par contre un peu plus l'Algérie de ses voisins du sud. La presse algérienne a rappelé lundi la position d'Alger qui s'est toujours dit opposé à la libération d'éléments islamistes et au versement de rançon en contrepartie d'otages.
 

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