Culture / Cinéma

Sofia Coppola reçoit le Lion d'or à la Mostra de Venise

Sofia Coppola a reçu le Lion d'or du meilleur film le 11 septembre 2010
Sofia Coppola a reçu le Lion d'or du meilleur film le 11 septembre 2010 REUTERS/Tony Gentile
Texte par : AFP
5 mn

Le jury de la 67e Mostra de Venise, présidé par le cinéaste américain Quentin Tarantino, a attribué ce samedi 11 septembre  le Lion d'Or à Sofia Coppola pour son film "Somewhere". Le prix spécial du jury a distingué le film du Polonais Jerzy Skolimowski "Essential killing" racontant l'histoire d'un fugitif afghan échappé d'une prison de CIA en Europe Centrale. Vincent Gallo incarnant le taliban a reçu le prix de la meilleure interprétation masculine.

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Par ailleurs, un Lion d'or « spécial » a été remis au producteur et réalisateur américain Monte Hellman, 78 ans, figure culte du cinéma indépendant des années 70 et 80, « pour l'ensemble de sa carrière » : Monte Hellman qui présentait à Venise son premier long métrage en quelque 30 ans, Road to Nowhere, fut le découvreur de Tarantino dont il avait produit le premier film, Reservoir Dog.

A 39 ans, la fille de Francis Ford Coppola - qui a remercié son père en recevant son trophée « pour ce qu'il m'a appris » - signe après Lost in Translation et Marie-Antoinette un film aux ambitions plus réduites : la crise existentielle d'un acteur hollywoodien, Johnny Marco (Stephen Dorff), qui tourne en rond dans sa Ferrari jusqu'à l'irruption dans sa vie de sa fillette de onze ans.

Je voulais tracer un portrait de Los Angeles aujourd'hui et j'ai été très inspirée par la nouvelle vague française.

Sofia Coppola

Ce film s'est imposé au jury « à l'unanimité » en raison de ses « qualités artistiques », a indiqué Tarantino : il « nous a enchantés dès la première scène: chaque fois que nous commencions à discuter, on est revenus à ce film ».

Le jury comptait dans ses rangs le réalisateur français Arnaud Desplechin, ainsi que ses confrères mexicain Guillermo Arriaga et italien Gabriele Salvatores.

Dès l'ouverture de la Mostra, le 1er septembre, Tarantino avait dû se défendre de tout conflit d'intérêts, compte-tenu de ses liens avec certains compétiteurs : « C'est vrai, il y a beaucoup de personnes que je connais bien dans cette compétition, mais mon intégrité parle d'elle-même », avait-il assuré.

Samedi 11 septembre dans la soirée, il a encore insisté devant la presse sur le fait que «rien d'autre ne l'a influencé que la qualité des films » : « Le film de Sofia l'a emporté à l'unanimité ».

Le Palmarès a encore récompensé, avec le Lion d'argent de la Meilleure mise en scène, La Balada triste de trompeta, de l'Espagnol Alex de la Iglesia, 45 ans, une parodie burlesque et déjantée du franquisme confrontant deux clowns tristes, défigurés et pathétiques (Carlos Areces et Antonio de la Torre).

Le réalisateur avait confié qu'il s'agissait «probablement (de son) film le plus personnel, celui pour lequel j'ai le plus souffert», a-t-il dit. Alex de la Iglesia (Le Crime parfait, Mes Chers voisins ou Mort de rire) a également reçu le prix du meilleur scénario.

Enfin, un Prix spécial du jury a été remis à Essential killing du Polonais Jerzy Skolimowski. Son acteur principal, l'Américain Vincent Gallo, a d'ailleurs reçu le prix de la Meilleure interprétation masculine pour ce rôle d'un fugitif afghan, déporté sur une base secrète de la CIA en Europe centrale et qui parvient à s'échapper : quasiment omniprésent pendant 83 minutes à l'écran, il ne prononce aucun mot.

Le prix de la Meilleure interprétation féminine couronne une jeune actrice franco-grecque de 24 ans, Ariane Labed : elle incarne la Marina d'Attenberg, deuxième film de la réalisatrice grecque Athina Rachel Tsangari, dans une ville industrielle hideuse, à mille lieues des clichés ensoleillés en bleu et blanc : l'attachante relation d'une jeune fille à son père mourant, qui s'éveille à la vie qui l'entoure à mesure que ce dernier s'éteint.

Déjouant tous les pronostics, cette 67e édition du plus vieux festival du monde, qui a pâti cette année d'une météo capricieuse, n'a pas couronné le film chilien pourtant très remarqué, Post Mortem, de Pablo Larrain, qui revient sur le coup d'Etat au Chili du 11 septembre 1973 à travers un employé de la morgue de Santiago.

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