Turquie

Le « oui » au référendum en Turquie : Erdogan gagne son pari

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Istanbul, le 12 septembre 2012
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Istanbul, le 12 septembre 2012 REUTERS/Osman Orsal

Il y a des « oui » francs et clairs qui ne souffrent pas de contestation, celui des électeurs turcs le 12 septembre à une révision de la Constitution est de ceux-là. Pas moins de 58% de « oui » avec un taux de participation très important puisqu'il flirte avec les 80%. Les Turcs ont voté pour limiter les pouvoirs de l'armée et des hautes instances judiciaires et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan y voit la victoire de la démocratie et de la suprématie de l'état de droit, sur l'état militaire. 

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Le « oui » l’a largement emporté, suscitant diverses réactions. Félicitations de la Commission européenne, prévisibles ne serait-ce que parce que la campagne pour le « oui » du gouvernement s’est beaucoup déclinée sur le thème de la perspective européenne. Bruxelles salue cette avancée démocratique et encourage Ankara à continuer. Même le président Obama a profité du prétexte de la finale du Mondial de basket, Turquie-Etats-Unis, pour saluer au téléphone le taux de participation record enregistré pour ce scrutin.

Du côté de l’opposition, le ton est bien moins amène. La principale formation d’opposition, le CHP kémaliste et social-démocrate, qui rêvait de censurer ou de faire trébucher le parti de gouvernement avant les législatives de juin, est sonné. Son président récemment débarqué, avait oublié de s’inscrire sur les listes électorales. Il n’a même pas pu voter. Alors, il a beau jeu de dénoncer l’échec de l’AKP et de promettre de la vigilance à ses électeurs. Sa guérilla politique a fait long feu. Quant aux nationalistes, grands perdants de la consultation, ils réclament, bizarrement, des élections anticipées.

Le résultat de ce scrutin est une victoire personnelle pour le Premier ministre. Tel un sphinx, Erdogan a gagné son pari à quitte ou double, et a sorti son parti d’une dynamique de déclin. Un parti que les sondages donnaient bien mal en point, usé par le pouvoir. L’AKP aborde la campagne pour les législatives plus confiant que jamais. Quant à Recep Tayyip Erdogan, lui, jamais sa popularité n’aura été aussi grande, pour avoir quasiment débarrassé le pays de l’emprise des militaires.

Après ces législatives, le projet de Recep Tayyip Erdogan est de quitter la présidence du Conseil, et de conquérir désormais la présidence de la République dont le mode de scrutin va passer au suffrage universel dès que ce changement aura été confirmé par   un référendum, une technique désormais éprouvée. Il lui reste un an et demi à deux ans pour se positionner, et on ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher désormais de gravir les dernières marches qui le mèneront au sommet de l’Etat.

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