Otan

Otan : nouveau concept stratégique de l’Alliance pour affronter de nouveaux défis

Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan (c), lors de son discours d'ouverture de la réunion des ministres de la Défense de l'Otan, à Bruxelles, le 14 octobre 2010.
Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan (c), lors de son discours d'ouverture de la réunion des ministres de la Défense de l'Otan, à Bruxelles, le 14 octobre 2010. Reuters / Thierry Roge

Réunis à Bruxelles ce 14 octobre, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des 28 pays membres de l’Otan préparent le sommet de Lisbonne du 19 et 20 octobre. Un nouveau « concept stratégique » est à l’étude. Il comprend un projet de système de défense antimissile et des mesures pour faire face à la « guerre informatique ». Par ailleurs, les dépenses de l’Alliance doivent être rationalisées.

Publicité

Le terrorisme international, la prolifération balistique et nucléaire, le blocage des approvisionnements en hydrocarbures et la guerre informatique sont les principales menaces pointées par l’Alliance de l’Atlantique Nord. C’est pour y faire face qu’elle prépare un nouveau « concept stratégique », qui doit être adopté lors du sommet de Lisbonne, la semaine prochaine.

Le document précédent avait été rédigé en 1999, deux ans avant les attaques du 11 septembre 2001. Depuis, l’action de l’Otan a été marquée par la lutte contre le terrorisme international, toujours d’actualité, et par des interventions longues et coûteuses en Irak et en Afghanistan.

La France continue de miser sur la dissuasion nucléaire

Avec l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, les Etats-Unis ont renoncé à la version initiale de leur projet de bouclier antimissile. Un projet très controversé, défendu par George W. Bush et qui avait mis Washington et l’Otan en délicatesse avec Moscou. Aujourd’hui, l’Alliance prévoit de mettre en place son propre système antimissile, qui protégerait non seulement les militaires, mais aussi les populations. Ce système, d’un coût d’environ 200 millions d’euros, pourrait être connecté au réseau américain.

Pour l’instant, il existe une différence d’approche assez importante entre la France et l’Allemagne, ce qui risque de ralentir le projet de système antimissile de l’Otan. Paris considère que la dissuasion nucléaire doit rester le principal pilier de la défense commune et craint que des hommes politiques d’outre-Rhin envisagent un désarmement atomique en parallèle avec la mise en place d’un bouclier antimissile. Par ailleurs, selon Hervé Morin, ministre français de la Défense, un dialogue avec la Russie sur ce sujet est tout à fait nécessaire. 

Le coût de la guerre en Afghanistan reste une source d’inquiétude

Comment faire plus et mieux pour la sécurité commune, mais avec moins d’argent ? C’est la question qui se pose aux pays membres de l’Otan, éprouvés, eux aussi, par la crise économique mondiale. Les Etats-Unis s’inquiètent du coût de la guerre en Afghanistan et déplorent la baisse des budgets consacrés à la défense par leurs partenaires européens. C’est ce qu’a rappelé ce jeudi 14 octobre à Bruxelles la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.

La Grande-Bretagne doit réduire de 10% son budget de la défense, qui équivaut actuellement à 43 milliards d’euros. De son côté, l’Allemagne veut économiser plus de 9 milliards d’euros. En tout état de cause, l’Alliance s’apprête à rationaliser au maximum ses dépenses, ce qui passe par une réduction du nombre des quartiers généraux et des agences spécialisées et par un allégement des effectifs. Selon une source militaire citée par l'AFP, le personnel du commandement militaire de l’Alliance devrait baisser de 11 500 à moins de 9 000.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail