Irlande

Peu de manifestations en Irlande malgré la crise financière et politique

Les Irlandais continuent avec flegme à faire leur marché malgré la crise.
Les Irlandais continuent avec flegme à faire leur marché malgré la crise. AFP/Peter Muhly

L'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) dégageront 85milliards d'euros de prêts pour venir en aide à l’Irlande. C’est en tous les cas ce qu’a annoncé mardi 23 novembre 2010 la radio-télévision publique irlandaise. L’Irlande est confrontée à une grave crise économique qui met à mal le pouvoir en place. Le Premier ministre, Brian Cowen, a d’ailleurs annoncé son intention de démissionner dès le début de l’année 2011 après le vote du budget et surtout du plan de rigueur qu'il doit annoncer ce mercredi.

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Avec notre envoyée spéciale à Dublin, Béatrice Leveillé

L’Irlande est en train de vivre une crise financière doublée d’une crise politique particulièrement inquiétante mais avec un flegme qui n’a rien à envier aux britanniques les Dublinois continuent à faire leur shopping comme si de rien n’était.

Face à la crise irlandaise, les responsables allemands ont de concert dramatisé la situation mardi.

Déclarations des responsables allemands sur la crise de l'euro

Devant le Parlement, les manifestants sont peu nombreux et très en colère contre leur gouvernement comme ce militant qui exhibe les affiches des partis de la coalition encore au pouvoir qui appelait, il y a un an, les électeurs à voter oui au traité de Lisbonne. « Ils nous ont dit que si on votait oui au traité de Lisbonne on irait mieux, on aurait la prospérité la démocratie et ils nous ont menti ».

« Le fianna fail est resté trop longtemps au gouvernement, ils nous ont manipulé comme des marionnettes », nous explique un autre manifestant.

Le principal parti de la coalition qui a dirigé le pays presque sans discontinuer depuis l’indépendance est devenu très impopulaire à l’image de l’actuel gouvernement. « Je suis là pour demander la résignation du gouvernement immédiatement, dès aujourd’hui » renchérit un Irlandais mécontent.

La plupart des manifestants sont proches du Sinn Fein, un parti d’extrême gauche qui voudrait prendre les autres partis d’opposition de vitesse pour tenter de tirer profit du chaos politique.

Avec notre envoyée spéciale à Dublin, Béatrice Léveillé

Un plan amer pour les Irlandais

Le contenu de ce plan alimente les inquiétudes. Il s’agit d’un plan sur quatre ans qui pourrait être redoutable pour les couches les plus défavorisées de la population. Les aides sociales subiraient une ponction de 3 milliards d’euros et au-delà de la baisse des prestations sociales, il faut s’attendre à une réduction des effectifs de la fonction publique et du salaire des fonctionnaires.

Les Irlandais qui ont acheté leur logement vont devoir pour la première fois payer une taxe foncière. Le gouvernement doit réduire ses dépenses de 10 milliards d'euros et faire cinq milliards d'euros de recettes supplémentaires d'ici 2015.

Le gouvernement, s’est engagé auprès de l'Union européenne et du Fonds monétaire international à baisser ses dépenses de six milliards d'euros dès l’année prochaine, mais il n’envisage pas de réduire le montant des retraites déjà versées et de toucher à l'impôt sur les sociétés. Cet impôt à 12,5% est un des plus bas d'Europe et il est considéré comme le moteur de l’économie irlandaise.

Pour les Irlandais qui font face depuis deux ans à une récession record, et à une hausse brutale du chômage, ce plan est amer. Et aujourd'hui, ils se demandent si le fardeau de la dette n’est pas trop lourd pour un petit pays de 5 millions d’habitants.

 

 

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