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Moldavie

La Moldavie vote dans l'indifférence

Des panneaux électoraux laissent indifférents les Moldaves.
Des panneaux électoraux laissent indifférents les Moldaves. Reuters/Gleb Garanich
4 mn

Quelque 2,5 millions d'électeurs moldaves sont appelés aux urnes dimanche 28 novembre. L'objectif de ces élections législatives anticipées : dégager une majorité qui permettra d’élire un président de la République et de mettre enfin un terme à la crise politique qui déchire le pays depuis avril 2009. Après deux élections législatives et un référendum, c’est le quatrième scrutin organisé en un peu plus d'un an et demi. Mais dans les rues de Chisinau, ces élections ne semblent plus guère susciter de passion.

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De notre correspondant à Chisinau,

Une pluie froide tombe sur Chisinau. Les pieds dans la boue, Andrei, 22 ans, vend des chaussettes dans une petite échoppe de tôle. Les élections législatives, qui doivent permettre de désigner par la suite le président de la République après un an et demi de crise politique, ne l'intéressent pas beaucoup. « A quoi cela sert que j'aille voter ? J'ai déjà participé à trois scrutins ces derniers mois. Et nos conditions de vie empirent chaque jour ! », souffle-t-il avec un petit sourire de lassitude.

En Moldavie, le pays le plus pauvre d'Europe, les salaires dépassent à peine les 150 euros par mois et le chômage s'est encore aggravé avec la crise économique. « Depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir, les prix ont augmenté et la corruption est toujours aussi importante, les politiques sont incapables de résoudre les problèmes des gens simples ». Un sentiment partagé par une grande partie de la population moldave, indifférente aux tracts de campagne et aux concerts organisés par les différents partis politiques dans le centre de la capitale moldave.

Les manifestations qui avaient chassé le Parti des communistes (PCRM) du pouvoir en avril 2009 avaient pourtant suscité beaucoup d'espoir au sein de la jeunesse moldave. Mais l’Alliance pour l’intégration européenne (AIE), formée par les libéraux, les libéraux-démocrates, les démocrates et les membres de Moldova Noastră, qui tient les rênes du pays depuis le 25 septembre 2009, n’a pas convaincu. Et ce malgré la reprise des négociations avec l'Union européenne en vue d'un accord d'association.

La coalition n'a pas réussi à rassembler la majorité qualifiée pour l'élection d'un président, soit 60% des députés du Parlement. L’unité de l'AIE a aussi largement été remise en cause ces derniers mois. Le président par intérim, Mihai Ghimpu, avait provoqué un tollé général dans ses rangs en refusant dans un premier temps de se rendre en Russie, au 65e anniversaire de la victoire contre le nazisme. « Comment participer à cette parade aux côtés d’une armée qui nous a amené le communisme et qui a organisé la famine et les déportations en Sibérie ? », s’était-il à l’époque justifié dans les médias.

Du côté des communistes de l'ancien président Vladimir Voronine, et dans un contexte de forte abstention, on compte sur la mobilisation de l'électorat traditionnel du parti, essentiellement âgé et rural. Les dirigeants du PCMR ont multiplié ces derniers mois les déclarations contradictoires, soufflant le chaud et le froid avec l'Union européenne et le voisin russe. A Moscou, on affiche prudemment sa neutralité. En cas de majorité relative, le PCRM pourrait chercher l’appui du Parti démocrate, actuellement membre de la coalition.

Quels que soient les résultats du scrutin de dimanche, de longues semaines de négociations devraient être nécessaires pour former une coalition suffisamment représentative afin d’élire le futur président. Les Moldaves n’ont pas fini d’attendre.

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