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Russie

Russie : 14 ans de prison pour Mikhaïl Khodorkovski

Mikhaïl Khodorkovski lors de la lecture du jugement à Moscou, le 30 décembre 2010.
Mikhaïl Khodorkovski lors de la lecture du jugement à Moscou, le 30 décembre 2010. REUTERS/Denis Sinyakov
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Mikhaïl Khodorkovski, ancien patron du groupe pétrolier démantelé Ioukos, et son principal associé, Platon Lebedev, ont été condamnés jeudi 30 décembre 2010 par un tribunal de Moscou à 14 ans de prison, pour le vol de millions de tonnes de pétrole et le blanchiment de 23,5 milliards de dollars. Les deux hommes devraient rester en prison jusqu'en 2017, le tribunal ayant pris en compte la peine purgée depuis leur arrestation en 2003 dans le cadre d'une première affaire d'évasion fiscale.

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Avec notre correspondant à Moscou, Alexandre Billette

C'est la peine maximale, celle qui avait été réclamée par les
procureurs de l'accusation. En vertu de deux articles différents, Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev sont condamnés à près de quatorze ans de colonie pénitentiaire. Quatorze années auxquelles il faut soustraire les années déjà passées en prison. Les deux hommes seraient donc libérés à la toute fin de 2017.

Pas de surprise donc, et pas de miracle : le juge Danilkine a rendu cette sentence très sévère après avoir lu les 800 pages du verdict à toute vitesse depuis lundi. Selon la défense, il s'agissait d'en finir avec ce procès, avant le début de la période de vacances russes le 1er janvier, afin de présenter la sentence dans l'indifférence des fêtes.

C'est donc la fin du second procès de Mikhaïl Khodorkovski et de Platon Lebedev. A moins que la défense obtienne le droit de faire appel. Les avocats des deux hommes avaient annoncé leur intention de le faire dès l'annonce du verdict, lundi dernier.

Un homme d'affaires trop indépendant

Mikhaïl Khodorkovski, se tenant assis derrière une cage en verre, a accueilli l'annonce du jugement en arborant un sourire. Un jugement « illégal » et fruit des pressions exercé par le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a estimé l'avocat de la défense, Iouri Schmidt.

La reconnaissance de culpabilité des deux prévenus a déjà été critiquée par les Etats-Unis et plusieurs pays de l'Union européenne qui ont dénoncé une justice sélective, ce que la Russie a qualifié de prises de position « inacceptables ».

De nombreux analystes considèrent que l'affaire Ioukos a été orchestrée par le pouvoir russe pour briser un homme d'affaires trop indépendant, qui finançait l'opposition et n'hésitait pas à contredire le président de l'époque, Vladimir Poutine, Premier ministre resté de l'avis de nombreux observateurs l'homme fort du pays. Le groupe de M. Khodorkovski, Ioukos, ex-fleuron de l'industrie pétrolière russe, a été démantelé lors du premier procès au profit d'entreprises proches du pouvoir.

Vladimir Poutine peut tranquillement reprendre le pouvoir présidentiel en 2012, et se représenter en 2016. Une année plus tard, Khodorkovski sera peut-être enfin libre, mais il ne pourra plus empêcher Poutine de remplir le maximum de mandats présidentiels possibles dans un avenir prévisible, au nombre de quatre. Il ne fait aucun doute que ce sont ses ambitions politiques imprudemment exprimées au mauvais moment qui ont mené l’ancien oligarque en prison. La ficelle préparée par l’accusation était tellement grosse que le parquet a dû battre un peu en retraite au début du deuxième procès : l’accusation initiale de détournement de toute la production du géant pétrolier Ioukos a été soudainement réduite jusqu’à deux tiers de celle-ci. Le parquet a toutefois maintenu sa demande d’une peine de quatorze ans de prison, et le juge l’a suivi à la lettre. Pour les avocats de Khodorkovski, le juge ne pouvait pas faire autrement après les déclarations publiques de Vladimir Poutine que la culpabilité de l’accusé était déjà prouvée par la justice et que « tout voleur devait aller en prison ».

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