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Russie

Attentat de Moscou : l'enquête est encore balbutiante

Portail détecteur de métaux à l'aéroport international Domodedovo de Moscou en Russie, le 25 janvier 2011.
Portail détecteur de métaux à l'aéroport international Domodedovo de Moscou en Russie, le 25 janvier 2011. Tatyana Makeyeva / Reuters
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Alors que, en Russie, Moscou se réveille sous le choc, après l'attentat meurtrier qui a eu lieu lundi 24 janvier 2011 à l'aéroport international de Domodedovo, l’heure est désormais à l’enquête et aux premières polémiques sur la sécurité de l’aéroport qui aurait failli. Les premiers éléments de l’enquête laissent apparaître beaucoup d’incertitudes sur le ou les auteurs de l’attentat dont le bilan s'élève à au moins 35 morts.

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Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

Le comité d’enquête n’est pas encore en mesure de dire qui est derrière cet attentat car l’identité de la personne qui a actionné l’engin explosif n'est pas encore déterminée. Lundi, dans la soirée, une source indiquait que la tête d’un présumé kamikaze de type arabe avait été retrouvée sur les lieux de l’attentat. Le journal Komsomolskaya Pravda rapporte les paroles d’un témoin qui raconte que quelques secondes avant l’explosion, un homme s’est mis à crier «je vais tous vous tuer». Ce mardi matin, une autre source affirme que l’attaque pourrait être l’œuvre d’une femme. Un témoin qui se trouvait tout près de l’épicentre de l’explosion a raconté qu’il avait vu une femme vêtue d’un long habit noir, et portant un voile islamique, et près d’elle une valise… C’est cette valise qui aurait explosé.

Mais aucune de ces deux thèses n’est confirmée officiellement.
Après la mort accidentelle à Moscou, fin décembre d’une femme qui confectionnait une bombe, les enquêteurs avaient remonté la piste de trois organisateurs présumés originaires du Caucase. Ces hommes étaient activement recherchés par la police.

Parallèlement à l'enquête une polémique voit le jour sur les mesures de sécurité

Comment les terroristes ont-ils pu faire entrer une bombe d’une telle puissance dans l’aéroport, considéré comme l'un des plus sûr et des plus moderne de Russie ?

Selon plusieurs journaux, le ou la terroriste est entré dans le hall des arrivées depuis le parking, sans être passé(e) par les détecteurs de métaux qu’il est très facile de contourner. D'ailleurs selon certaines sources, des portiques de sécurité ne fonctionnaient carrément pas au moment du drame. Immédiatement après l’attentat, les mesures de sécurité ont été renforcées dans les transports publics, dans les aéroports mais aussi dans le métro, où il y a dix mois, deux femmes originaires du Daguestan avaient fait exploser les charges qu'elles portaient sur elles, causant la mort de 40 personnes.

Pour le président russe, Dmitri Medvedev, ce qui s'est passé montre clairement qu'il y a eu une des violations des règles de sécurité. Le président russe pointe du doigt la direction de l’aéroport et souligne que tous ceux qui y exercent des responsabilités devront répondre de cet attentat. Mais comme le souligne le journal Vedomosti, les points de contrôle de l'aéroport sont placés sous la direction du ministère de l'Intérieur et non de la direction de l'aéroport.

La rébellion islamiste du Caucase russe, instigatrice de cet attentat ?

«Révoltant», «horrible», «barbare». De Barack Obama à Ban Ki-moon, du gouvernement chinois en passant par le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, la condamnation est unanime. Unanimes également, les condoléances aux proches des victimes et la solidarité exprimée à l'égard de la Russie. A l'image du secrétaire général de l'Otan, de nombreux responsables politiques ont également demandé une coopération internationale accrue en matière de lutte contre le terrorisme. Même si l'incertitude demeure sur l'identité des responsables de l'attentat de Moscou, c'est une nouvelle fois la piste islamiste qui est évoquée par les enquêteurs. Dans ce cas précis, on évoque les groupes armés du Caucase.

L'ombre de la rébellion tchétchène

Il faut d'abord rappeler que la rébellion tchétchène est à l'origine d'ordre nationaliste. Durant la première guerre dans cette République du Caucase, entre 1994 et 1996, les indépendantistes armés répondent aux exactions de l'armée russe contre les civils tchétchènes. En 1997, la Tchétchénie se voit accorder une autonomie complète. Mais les islamistes prennent peu à peu l'ascendant sur le gouvernement autonome.

Une attaque de la rébellion islamiste tchétchène au Daguestan déclenche en 1999 la seconde guerre de Tchétchénie. En une décennie et au prix de très nombreuses violations des droits de l'homme, la Russie est parvenue à installer un pouvoir local fort emmené par un ancien chef de milice pro-russe Ramzan Kadyrov. Mais la rébellion islamiste à laquelle participent des combattants étrangers, opère désormais dans les Républiques voisines d'Ingouchie et du Daguestan. L'éradication du terrorisme par tous les moyens promise par les différents gouvernements russes a, pour l'heure, échoué.

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