Cinéma

Déjà 5 millions de spectateurs pour «Rien à déclarer» de Dany Boon

Scène de «Rien à déclarer», film franco-belge de Dany Boon (2011)
Scène de «Rien à déclarer», film franco-belge de Dany Boon (2011) Pathé

Rien à déclarer de et avec Dany Boon pulvérise toujours le box-office en France. Deux semaines après le début d’exploitation, le 2 février 2011, la comédie a déjà attiré 4 676 347 entrées et devrait aujourd'hui passer la barre de 5 millions. « Si on en reste à ce niveau d'entrées, on devrait finir à 12 millions de spectateurs », estime Jean-Claude Bordes, directeur-adjoint de Pathé Distribution. Le couple Dany Boon et Benoît Poelvoorde deviendrait ainsi le héros du 4e film français de tous les temps. Dany Boon avait déjà fait exploser le box-office français avec les 20 millions d’entrées pour Bienvenue chez les Ch’tis en 2008. Lors de la sortie de Rien à déclarer, Isabelle Chenu s’est entretenue avec le comédien et réalisateur Dany Boon, de son vrai nom Daniel Hamidou, né le 26 juin 1966 à Armentières dans le nord de la France.

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RFI : Est-ce qu’on rit des mêmes choses en France et en Belgique ?

Daniel Hamidou, connu sous le nom de Dany Boon, est Mathias Ducatel dans "Rien à déclarer".
Daniel Hamidou, connu sous le nom de Dany Boon, est Mathias Ducatel dans "Rien à déclarer". Pathé

Dany Boon : Oui, mais… C’est marrant, parce que les Français se sont demandés comment les Belges allaient prendre le film. En fait, très bien. Cela les a fait beaucoup rire, parce qu’ils ont pas mal de recul sur eux-mêmes. Les personnages belges sont très « cons », surtout le rôle principal de Benoît Poelvoorde. Il est victime de sa connerie. On pourrait croire que les Belges soient vexés, mais en fait, non, cela les fait marrer.

RFI : 1er janvier 1993 : passage à l’Europe. Deux douaniers, l’un belge, l’autre français, apprennent la disparition prochaine de leur poste-frontière situé dans la commune de Courquain France et Koorkin Belgique. Ruben Vandevoordre, douanier belge francophobe, joué par Benoît Poelvoorde, se voit contraint d’inaugurer la première brigade volante mixte avec vous Dany Boon, alias Mathias Ducatel, le douanier français. Le ressort de cette comédie, c’est ce face-à-face entre Benoît Poelvoorde et vous ?

D.B. : Oui, c’est l’antagonisme du Belge très francophobe et raciste qui doit se mettre à travailler avec un douanier français.

RFI : Le douanier français est plutôt sympa ?

D.B. : Oui, mais en même temps il est parfois assez lâche. Il n’ose pas aller jusqu’au bout de sa pensée. Il devrait s’affirmer beaucoup plus auprès du frère de sa bien-aimée. C’est un peu un duo clown blanc et Auguste. Je joue le clown blanc.

RFI : Blagues anti-belges contre blagues anti-français, c’est quand-même assez grinçant ?
 
D.B. : Oui, mais c’est très réaliste. Souvent les blagues sont assez agressives voire racistes.  

L’histoire du douanier belge xénophobe vient de l’histoire de mes parents.

Dany Boon, comédien et réalisateur de "Rien à déclarer"

RFI : Le personnage de Benoît Poelvoorde, Ruben Vandevoordre, est un personnage peu sympathique, limite anti-français et raciste, il est fou ?
 
D.B. : Non, sa folie est structurée, parce qu’il a des phobies. Il déteste les Français. En même temps, il s’en veut. La religion le sauve un peu, il va se confesser et cela l’inquiète quand-même. Au fond de lui il sait que cela n’est pas bien. Il y a trois choses qui le sauvent : la religion, son fils et sa sœur.

RFI : Son fils, à qui il apprend quand-même le racisme dès son plus jeune âge.
 
D.B. : Oui, mais son fils lui donne des leçons en lui mettant face à ses conneries. Son fils a six ans, mais il est très intelligent. Il lui remet à sa place. Il fait des réflexions sur ses théories fumeuses qui le déstabilisent.

RFI : Comment avez-vous travaillé avec Benoît Poelvoorde ? Comment fait-on rire avec un personnage si peu fréquentable ?
 

Dany Boon et Benoît Poelvoorde sur le tournage de "Rien à déclarer"
Dany Boon et Benoît Poelvoorde sur le tournage de "Rien à déclarer" Pathé

D.B. : D’abord, c’est une comédie sur le rejet de l’autre, sur le racisme. En même temps, c’est un racisme franco-belge, cela prête à rire, parce qu’il n’y a pas de différences. On a la même couleur de peau, la même religion, on parle la même langue.

RFI : On ne peut pas vraiment parler de racisme entre un Français et un Belge.

D.B. : C’est une invention, une convention pour parler du sujet du racisme. Mais il y a quand-même une différence. On n’est pas de la même nationalité, il y a une frontière, qui est de plus en plus légère, mais elle existe. Il y a une confrontation entre les deux. Et elle existe, c’est très rare, je vous rassure, mais quand j’étais dans le Nord et en Belgique, quand je vivais là-bas, j’ai connu des bistrots interdits aux chiens, interdits aux Français. Quand j’ai raconté cela à Benoît, il a dit : « C’est très dur pour les chiens. » Encore une réflexion raciste, mais très drôle. 

Ecouter l’émission « Culture vive » du 2 février 2011 sur RFI : Isabelle Chenu s’entretient avec Dany Boon lors de la sortie de « Rien à déclarer » en France.


Lire aussi :

Bienvenue chez les Ch’tis : La France à l’unisson !, par Elisabeth Bouvet, publié le 27/03/2008 sur rfi.fr

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