Hongrie

La Hongrie adopte une nouvelle Constitution ultra-conservatrice

Une vue générale du Parlement hongrois à Budapest, pendant le vote final sur la nouvelle Constitution du pays, le 18 avril, 2011.
Une vue générale du Parlement hongrois à Budapest, pendant le vote final sur la nouvelle Constitution du pays, le 18 avril, 2011. Reuters/Bernadett Szabo

La Constitution en Hongrie a été changée. Le Parlement a adopté lundi après-midi, 18 avril 2011, un texte qui comporte des références à Dieu et à la famille traditionnelle. Le texte ultra-conservateur porte la marque du Premier ministre Viktor Orban. L'opposition dénonce un putsch constitutionnel.

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Pour ses détracteurs, la nouvelle Constitution, celle de Viktor Orban viole les libertés fondamentales. Les responsables d'organisations féministes ou de défense des droits de l'homme comme Amnesty International, ou d'associations de défense des homosexuels, lui reprochent de contenir des références à Dieu et à la famille traditionnelle.

On peut lire dans le préambule de la Constitution « Que Dieu bénisse la Hongrie ». Elle n'aurait pour objectif que d'asseoir le pouvoir du Premier ministre et de son parti.

Viktor Orban défend le remplacement de l'actuelle Constitution en expliquant qu'elle n'est qu'un résidu de la période communiste. Elle date effectivement de 1949 mais a subi de nombreuses modifications sous l'influence de plusieurs partis politiques.

Cette fois-ci, seul le Fidesz, le parti au pouvoir, a élaboré le texte. Il a la majorité nécessaire au Parlement pour son adoption, c'est-à-dire une majorité des deux tiers. Reste la question essentielle : une Constitution votée par un seul parti, rejetée par tous les autres et contestée dans la rue est-elle vraiment démocratique ?

- Prédominance de la religion chrétienne : Le préambule stipule que « La Constitution s’inscrit dans la continuité de la Sainte-Couronne » et fait mention de l’« histoire millénaire » de la Hongrie et du « rôle du christianisme ».

- Mariage : « La Constitution protège l'institution du mariage, considéré comme l’union conjugale entre un homme et une femme, et l'institution de la famille». Cela ne remet pas en cause les partenariats enregistrés entre personnes du même sexe.

- Avortement  : « La vie du foetus sera protégée depuis la conception ».

- Protection de la population : Protection des femmes, des personnes âgées et des handicapés. Considération du langage des signes comme faisant partie de la culture hongroise.

- Vote des Hongrois de l'étranger : La Constitution « ne décide pas de la question des droits de vote des citoyens hongrois ne vivant pas en Hongrie ».

- Protection des minorités : Les citoyens hongrois qui appartiennent à des groupes nationaux ou ethniques autres qu'hongrois et vivant en Hongrie seront vus comme parties constituantes de l'Etat hongrois et faisant partie de la communauté politique.

- Représentation des minorités : « Les sièges parlementaires aux minorités nationales sont prévus ».

- Retraites : L'abaissement de la retraite des juges de 70 à 62 ans.

- Le pouvoir du conseil monétaire de la banque centrale : La nouvelle Constitution accorde au conseil monétaire de la banque centrale, qui sera composé de membres proches de Viktor Orban, dont le chef de l'Etat, Pal Schmitt, le droit de dissoudre le Parlement si le budget n'est pas adopté conformément aux normes du nouveau texte constitutionnel. Ainsi, même s'il se trouve dans l'opposition après les élections législatives de 2014, Viktor Orban pourra, via le conseil monétaire, dissoudre le Parlement.

 

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