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Vers un nouveau plan de soutien de l’UE en faveur de la Grèce

Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, le 9 mai 2011 lors d'une  conférence de Transparency International à  Athènes.
Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, le 9 mai 2011 lors d'une conférence de Transparency International à Athènes. REUTERS/Yiorgos Karahalis

L'agence Standard & Poor’s a abaissé, lundi 9 mai 2011, de deux crans la note souveraine de la Grèce. Cette annonce intervient après une réunion des ministres des Finances de la zone euro au Luxembourg où a été évoquée l’hypothèse d’une nouvelle aide européenne à la Grèce.

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L’accroissement de la probabilité de la restructuration de la dette de la Grèce est à l’origine de l’abaissement de la note décernée par Standard & Poor‘s. Le ministre grec des Finances l’a qualifié de « sans validité », jugeant qu’elle découlait d’aucune « nouvelle information ». La situation financière de la Grèce continue de préoccuper les marchés financiers. Un an après son premier sauvetage par l’Europe, le week-end a en effet été agité pour Athènes.

Ce vendredi 6 mai 2011, dans la soirée, les rumeurs les plus folles ont couru lorsque l’on a appris que se tenait au Luxembourg une réunion des ministres des Finances de la zone euro en présence du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Les médias allemands ont ainsi évoqué une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro ou une restructuration de sa dette. Ces rumeurs ont fait plonger l’euro face au dollar. Le Premier ministre grec Georges Papandréou a dénoncé « des scénariis à la limite du répréhensible ». « Nous n’avons pas discuté de la sortie de la Grèce de l’euro. Nous ne voulons pas que la zone euro explose », a affirmé pour sa part Jean-Claude Juncker.

L’ampleur de la récession

Un an après l’appel à l’aide de la Grèce, le pays est loin d’être sorti d’affaire. Son déficit pour 2010 vient d’être revu à la hausse, de 9,4% à 10,5% du PIB. Mais c’est surtout sa dette qui inquiète : elle pèse plus de 150% du PIB. Sans compter que les rentrées fiscales ne sont pas au rendez-vous en raison de la récession mais aussi de la fraude fiscale toujours très répandue dans le pays. Le prêt d’un montant de 110 milliards d’euros accordé par l’UE et le FMI en échange de mesures d’austérité s’avère donc insuffisant pour couvrir les besoins en financement de la Grèce.

C’est pourquoi l’éventualité d’un second plan de soutien européen a été évoquée lors de cette réunion des ministres des Finances au Luxembourg. A l’issue de cette rencontre, Jean-Claude Juncker a annoncé « un programme d’ajustement supplémentaire pour la Grèce ». Des contrôleurs du FMI et de la zone euro sont de nouveau à Athènes pour une mission d'inspection des finances publiques. Le Fonds de soutien européen pourrait ainsi racheter 30 milliards de dette de la Grèce. Mais pour l’instant, il n'est pas question d'une restructuration de la dette. Une hypothèse qui pourrait avoir des conséquences extrêmement négatives, selon le porte-parole de la Commission européenne, pour la Grèce mais aussi pour l’ensemble de ses partenaires européens.

Spéculation sur les marchés

La Grèce n’est pas un cas isolé. D’autres pays de la zone euro, l’Irlande et le Portugal, se sont résignés ces douze derniers mois à accepter l’aide internationale. Ainsi, à l’automne dernier, l’Irlande a fait appel à l’UE et au FMI pour renflouer son secteur bancaire menacé de banqueroute. Dublin a obtenu une aide de 85 milliards d’euros, mais fin mars, les autorités irlandaises ont estimé que les banques auraient besoin de 24 milliards supplémentaires.

Au début du mois d’avril, le Portugal a également accepté une aide extérieure pour éviter la faillite. La pression est venue des banques privées portugaises qui ne pouvaient plus acheter de dettes, ce qui mettait en péril leur propre refinancement. Lisbonne a bénéficié d’une aide européenne de 90 milliards d’euros.

Les incertitudes qui entourent la dette publique de ces pays alimentent toujours la spéculation sur les marchés. La crise en Grèce, en Irlande, au Portugal, la croissance molle, fournissent des munitions contre l’euro. Dans cette tourmente, bon nombre d’économistes ont remis en cause la survie même de la monnaie unique. Reste que douze ans après son lancement, l’euro est devenu la deuxième monnaie mondiale.

Pour en savoir plus :

Le site de la Commission européenne consacré à l’euro

Le site de la Banque centrale européenne

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