Irlande / Royaume-Uni

Irlande : discours de la réconciliation attendu de la reine Elisabeth II

Elisabeth II, la reine d’Angleterre, et la présidente d’Irlande, Mary McAleese, se recueillent lors d’une cérémonie en hommage aux victimes de la guerre d'indépendance, le 17 mai 2011.
Elisabeth II, la reine d’Angleterre, et la présidente d’Irlande, Mary McAleese, se recueillent lors d’une cérémonie en hommage aux victimes de la guerre d'indépendance, le 17 mai 2011. REUTERS/Maxwell's/POOL

Dix mille policiers et soldats ont été mobilisés pour les quatre jours que doit durer la visite de la reine Elizabeth II en Irlande. C’est la première visite d’un monarque britannique en République d’Irlande, après des siècles de conflits entre les deux îles. La reine prononcera son discours officiel ce mercredi 18 mai 2011 au soir au château de Dublin, ancien siège de la couronne dans le pays.

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Avec notre correspondant à Dublin, Hervé Amoric

Le stade de sports gaéliques de Croke Park est l’un des symboles de l’indépendance de l’Irlande. Il a été notamment le théâtre du massacre de « Bloody Sunday » en 1920. Des policiers portant l’uniforme de la couronne ont ouvert le feu lors d’une rencontre de football gaélique : 14 morts restés gravés dans l’histoire du pays.

Les visites officielles de monarques et de chefs d’Etat sont toujours une question de pompe, de faste et de cérémonie. Mais celle-ci est d’une classe supérieure, d’une solennité touchante. A cause de l’histoire, du sang versé et parce que, mardi pour la première fois, les chefs d’Etat de ces deux nations, deux femmes, se sont tenus côte à côte en Irlande, sur un pied d’égalité.

Et bien sûr, il y a le pouvoir de la musique, de la mémoire, de la mythologie. Difficile même pour le plus aguerris des observateurs de ne pas verser une larme. Au château de Dublin, autrefois le siège de la couronne britannique, la reine doit prononcer un rare discours, celui de la réconciliation.

Le 21 novembre 1920, jour de match au Stade de Croke Park, les « Auxiliaries » et les « Black and Tans », des troupes paramilitaires formées par le gouvernement britannique, sont intervenues pour « sécuriser » le stade. Bilan : quatorze morts dont une femme, deux enfants de 10 et 11 ans, et deux joueurs. On parle de « Bloody Sunday », « dimanche sanglant », à ne pas confondre avec le « Bloody Sunday » de 1972 en Irlande du Nord. Les événements de Croke Park ont eu lieu en représailles à l’assassinat de 12 agents des services secrets anglais perpétrés la veille par les hommes de Michael Collins, leader révolutionnaire républicain irlandais.
Les événements du stade de Croke Park ont eu un profond impact sur la population en Irlande et ont choqué le public anglais. Ce massacre marquera aussi un tournant émotionnel dans la guerre d'indépendance de l'Irlande (1919-1921).

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