Espagne / Agriculture

L’Espagne demande à être dédommagée après les fausses rumeurs sur ses concombres

La psychose de la bactérie a incité les producteurs à détruire les concombres en masse dans toute l'Europe, comme ici en Roumanie.
La psychose de la bactérie a incité les producteurs à détruire les concombres en masse dans toute l'Europe, comme ici en Roumanie. REUTERS/Bogdan Cristel
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Soupçonnée à tort d’être à l’origine de la bactérie mortelle qui a causé la mort de 23 personnes au dernier bilan, l’Espagne a décidé de contre-attaquer et demande réparation. Les producteurs de légumes espagnols ont perdu 225 millions d’euros par semaine depuis le début de l’épidémie, apparue en Allemagne au milieu du mois de mai 2011.

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Après avoir passé une semaine sur le banc des accusés, ses concombres étant soupçonnés de propager une bactérie mortelle, Madrid se prépare à inverser les rôles mardi, lors d'un Conseil européen extraordinaire, pour exiger d'être « dédommagé à 100% » des pertes subies. La facture globale n'est pas encore connue. 

Des pertes colossales

L'enquête se poursuit en Allemagne

Interrogée lundi par l'AFP, la Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes (Fepex) a estimé les pertes à 225 millions d'euros par semaine, dont 175 millions à l'exportation, pour l'ensemble des fruits et légumes espagnols, victimes d'un effet domino. « Le secteur et les gouvernements régionaux sont en train d'évaluer (le préjudice) pour que demain, au Conseil extraordinaire de l'Union européenne en matière d'agriculture, nous puissions mettre des chiffres sur la table », a expliqué à la télévision la ministre de l'Agriculture Rosa Aguilar.

C'est la région andalouse d'Almeria, rapporte le correspondant de RFI à Madrid, François Musseau, qui subit le plus fort préjudice. Elle exporte en effet 80% de sa production de fruits et légumes et la ministre régionale de l'Agriculture parle d'une perte sèche de 75 millions d'euros.

« Nous avons indiqué à l'Allemagne qu'elle doit dédommager le préjudice créé, si elle le fait à 100%, qui est ce que nous revendiquons, l'affaire sera close, sinon nous nous réservons le droit de lancer une action légale », a-t-elle dit, réclamant « justice pour l'Espagne », premier exportateur de fruits  et légumes en Europe. « Ce préjudice, il faut l'indemniser à 100% », a-t-elle insisté, « car nous n'allons pas admettre que nos producteurs perdent un centime, parce qu'ils ne sont ni coupables ni responsables ».

L’Allemagne en première ligne

Selon elle, l'Union européenne aussi a de quoi se reprocher et « elle doit dire qu'elle n'a pas trop bien géré ce processus ». Elle doit « non seulement prendre des mesures économiques de caractère extraordinaire mais aussi prendre bonne note de ce qui s'est passé ». « Même si elles ont reconnu que le concombre espagnol et les fruits et légumes espagnols n'ont rien à voir avec l'épidémie de E.coli dont souffre l'Allemagne, cette rectification n'a pas été diffusée autant que les messages erronés émis auparavant ».

L'Allemagne devra « participer et s'engager directement » dans des « campagnes de promotion (des fruits et légumes espagnols) qui ne seront pas seulement déployées en Allemagne mais dans presque toute l'UE et dans quelques pays qui ne sont pas membres de l'UE », a affirmé Rosa Aguilar, estimant que ces campagnes de réhabilitation devront durer « jusqu'à la fin de l'année ». 

(avec AFP)

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