Italie

En Italie, le gouvernement et sa coalition avec la Ligue du Nord menacés

Silvio Berlusconi a lui-même reconnu sa défaite lors de ces référendums populaires.
Silvio Berlusconi a lui-même reconnu sa défaite lors de ces référendums populaires. REUTERS/Stefano Rellandini
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Invités à se prononcer par référendum, le lundi 13 juin 2011, les Italiens ont rejeté plusieurs textes du gouvernement : le retour au nucléaire, la privatisation de la gestion de l’eau, et la loi dite « d’empêchement légitime », offrant une immunité pénale au ministre. C’est une défaite pour le président du Conseil Silvio Berlusconi. Une déroute d’autant plus douloureuse qu’il y a 15 jours, lors de municipales partielles, le parti au pouvoir avait perdu la mairie symbolique de Milan et que les scores sont cette fois-ci sans appel. Les textes ont à chaque fois été rejetés par plus de 90% des suffrages.

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Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Surprise parmi les surprises, ce sont les lois pour la privatisation de l’eau et celle dite de « légitime empêchement » qui ont obtenu les pourcentages les plus élevés de « non », soit 95,8% et 94,6%, tandis que parmi les votants 94,1% ont rejeté le retour au nucléaire.

Selon le politologue Renato Mannheimer, les Italiens se sont prononcés en toute liberté de conscience, sur des thèmes qui concernent leur vie, leur environnement et ils ont voulu exprimer leur forte volonté de changement politique.

La fin de Berlusconi ?

Cela fait plusieurs mois que le gouvernement apparaît fragilisé par des dissensions internes au sein de la coalition de centre-droit. Mais jusqu’à présent, la Ligue du Nord, indispensable à la tenue de l’exécutif, a toujours soutenu le président du Conseil Silvio Berlusconi.

Lundi, un ministre de ce parti a déclaré haut et fort : « On a assez de prendre des claques ! ». Ce qui laisse entendre que la Ligue du Nord serait prête à régler ses comptes avec le Cavaliere.

Par ailleurs, les Italiens ont démontré à travers un instrument de démocratie directe, le référendum d’initiative populaire, que le fossé se creuse entre la classe politique dirigeante et les électeurs. Selon l’éditorialiste du Corriere Della Sera, Ferruccio De Bortoli, effectivement on en arrive au dernier acte de la saison berlusconienne.

Scènes de liesse à Rome

Ils ont chanté, ils ont dansé, ils ont trinqué… Donnant à Rome le parfum pétillant d’une ville en fête. Il faut dire que le mouvement est d’une telle ampleur, que même le président du Conseil Silvio Berlusconi, a reconnu un échec qui exige de respecter la volonté des Italiens.

Simoneta travaille dans la communication et voit déjà l’arrivée d’une nouvelle ère : « Nous n’avons plus honte d’être Italiennes. Quand on va à l’étranger, tout le monde nous dit : Mais comment vous faites pour supporter ça ? Voilà… On s’est libérées, finalement ! ». Maria, étudiante de vingt ans, exprime toute son euphorie : « Je suis contente !... Au revoir Berlusconi ! ».

Le chef du Parti démocrate, principale force de l’opposition, Pier Luigi Bersani a déclaré qu’il existe désormais une césure irrémédiable entre le gouvernement et le pays. C’est aussi l’avis de Bianca, romancière, pour qui le peuple souverain s’est enfin exprimé très clairement : « Le climat politique et social a changé, avec ça… Ca représente vraiment le changement d’un climat politique ».

Une victoire qui affaiblit indéniablement le gouvernement et le Cavaliere Berlusconi en personne.

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