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Accueil des réfugiés : le HCR demande plus de générosité aux pays riches

La RDC est l’un des pays qui consacre une part importante de son produit intérieur brut pour héberger des millions de déracinés.
La RDC est l’un des pays qui consacre une part importante de son produit intérieur brut pour héberger des millions de déracinés. Uriel Sinai/Getty Images
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Ce 20 juin 2011, on célèbre les 60 ans de la convention de Genève sur le statut des réfugiés. Et comme chaque année le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) publie un rapport sur les tendances mondiales pour les réfugiés, déplacés et demandeurs d’asile. Un document très attendu qui montre cette fois-ci le profond déséquilibre en matière d’accueil entre les pays riches et les pays en développement.

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Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

L’Europe accueille aujourd’hui beaucoup moins de réfugiés qu’il y a 10 ans.

Pierre Henry

Le profond déséquilibre existant dans le soutien international accordé aux déracinés est dénoncé par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les 4/5e d’entre eux sont en effet accueillis dans les pays en développement à une période « ou l’hostilité à l’égard des réfugiés s’accroît dans de nombreux pays riches ».

Il est préoccupant, constate le Haut commissaire Antonio Guterres d’observer les idées fausses à ce propos. Les craintes d’afflux supposés dans les régions industrialisées sont très exagérées, dit-il, ou associées à tort avec les problèmes relatifs à la migration.

Ce sont effectivement les pays plus pauvres qui abritent de vastes populations et en supportent la charge. C’est notamment le cas du Pakistan, de l’Iran, de la Syrie, du Kenya ou de la République démocratique du Congo. Ceux-là consacrent une part importante de leur produit intérieur brut pour héberger des millions de déracinés.

Une attitude qui tranche singulièrement avec celle des Ooccidentaux. Le Haut commissaire incite ainsi les Européens à se montrer plus ouverts et plus généreux.

44 millions de réfugiés en 2010, la plupart dans des pays en développement

Leur nombre ne cesse de progresser dans le monde. Les réfugiés, demandeurs d'asile et déplacés étaient de près de 44 millions de personnes en 2010. Et 80% d’entre eux se trouvent, contrairement aux idées reçues, dans des pays en développement. C’est ce qu’indique lundi 20 juin un rapport du HCR.

43,7 millions de personnes sont déracinées à travers le monde, soit à peu près l'ensemble de la Colombie ou de la République de Corée.

Ce chiffre, en progression par rapport à 2009 (43,3 millions), est le plus élevé depuis 15 ans. Il inclut 15,6 millions de réfugiés, 27,5 millions de personnes déplacées dans leur propre pays - un record depuis dix ans - et près de 850 000 demandeurs d'asile.

Les Afghans continuent de représenter la majeure partie des réfugiés dans le monde (3 millions), suivis par les Irakiens (1,6 million), les Somaliens (770 200) ainsi que les ressortissants de République démocratique du Congo (476 700) et de Birmanie (415 700).

Les pays en développement représentent leur première destination, ces derniers accueillant « les quatre cinquièmes » des réfugiés « à une période où l'hostilité à (leur) égard s'accroît dans de nombreux pays industrialisés ».

Le Pakistan, l'Iran et la Syrie comptent ainsi « les plus fortes populations réfugiés avec respectivement 1,9 million, 1,07 million et 1,005 million » et en portent le plus lourd poids économique.

Comparativement, l'Allemagne, le pays industrialisé qui accueille la plus importante population réfugiée, se situe loin derrière avec 594 000 personnes.

Quant aux requérants d'asile, l'Afrique du Sud demeure leur premier choix avec 180 600 demandes enregistrées en 2010, soit un cinquième des demandes mondiales et trois fois plus que celles déposées aux Etats-Unis (54 300) ou en France (48 100).

Commentant les inquiétudes des pays européens d'un afflux de migrants venus d'Afrique du Nord suite au printemps arabe, le HCR rappelle que « la grande majorité de réfugiés en Afrique du nord sont restés dans la région ». Et d'insister : « Nous avons besoin de l'attention des Etats, de la communauté internationale et de la société civile afin d'aider les personnes à obtenir ce que beaucoup tiennent pour un acquis, un endroit appelé maison ».

Des millions de personnes - 7,2 millions en 2010 - vivent des situations de réfugiés de plus en plus prolongée (plus de 5 ans). Parallèlement, les possibilités de retour s'amoindrissent. En 2010, moins de 200 000 ont pu regagner leur foyer, le nombre le plus bas depuis 1990. « Les pays en développement ne peuvent pas continuer à supporter seuls cette charge  », déplore le HCR appelant « le monde industrialisé à corriger ce déséquilibre ».

(avec AFP)

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