Grèce / Zone euro

Crise grecque : Athènes et l’Eurogroupe unis pour éviter la faillite

Le Premier ministre grec Georges Papandréou ouvre le débat au Parlement d'Athènes, le 19 juin 2011.
Le Premier ministre grec Georges Papandréou ouvre le débat au Parlement d'Athènes, le 19 juin 2011.
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le débat parlementaire sur un vote de confiance au gouvernement grec a commencé ce dimanche 19 juin 2011, sur fond de contestation sociale et de préparatifs à un autre vote important prévu à la fin du mois, concernant un plan d’austérité pluriannuel. Le débat est programmé pour durer trois jours. Le Premier ministre Georges Papandréou cherche à la fois à rassurer ses partenaires internationaux et à calmer une forte opposition au Parlement comme dans le pays. Au même moment, une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe à Luxembourg devrait accorder une nouvelle aide de 12 milliards à la Grèce.

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Avec notre envoyé spécial à Athènes

Georges Papandréou a deux raisons de demander un vote de confiance. Rappeler à l’ordre les dissidents au sein de son propre parti, le Pasok, et ôter ainsi à l’opposition de droite l’espoir de voir plusieurs députés socialistes voter fin juin avec elle contre le programme budgétaire du gouvernement.

Le Premier ministre compte rassurer ainsi l’Union européenne et le Fonds monétaire international, qui conditionnent leurs aides financières au respect du plan d’austérité. Ce dernier provoque depuis déjà trois semaines des manifestations, notamment sur la place Syntagma devant le Parlement.

Georges Papandréou veut donc aussi calmer la rue, en proposant un référendum sur « les grandes réformes ». Il espère l’organiser en septembre, soit deux mois après l’éventuelle adoption du plan d’austérité. Or les manifestants réclament son abandon immédiat. Et l’opposition a d’ores et déjà refusé de « donner un vote de confiance au gouvernement », en lui reprochant d’aggraver les problèmes au lieu de les résoudre.

Des manifestations attendues en Grèce

A Athènes, tout se passe plutôt dans une ambiance bonne enfant. Certes il y a des slogans et des vulgarités scandés par la foule à l’attention des autorités grecques, de l’Union européenne et du Fonds monétaire international mais cela reste cantonné à la tête du cortège. A l’entrée du Parlement, on voit une grande quantité de cars de police qui bloquent toute la rue.

Quant au reste de la place Syntagma, les gens donnent l’impression de se promener plutôt que de manifester. Les marchands ambulants, qui vers 19 heures avaient précipitamment quittés la place par crainte d’affrontements à venir, sont maintenant revenus en masse et continuent tranquillement leur commerce.

C’est un peu comme si les deux parties en conflit sentaient qu’elles s’étaient déjà tout dit. Donc à quoi bon en venir aux mains ce soir.

Les Indignés de la place Syntagma avancent par ailleurs deux explications. D’un côté, il s’agit du premier week-end de très beau temps depuis plusieurs semaines donc beaucoup de gens ont quitté la capitale. De l’autre, le jour J pour les manifestants ce sera plutôt mardi soir quand le vote de confiance au gouvernement aura lieu au Parlement.

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Avec notre envoyé spécial à Luxembourg

Dès ce soir, débute ici à Luxembourg une semaine décisive pour l’avenir immédiat de l’ensemble de la zone euro, ébranlée à la fois par l’opposition populaire en Grèce et par le nombrilisme de la classe politique en Allemagne.

Berlin aura cependant reculé sur un point, à la suite notamment de pressions de la France et de la Banque centrale européenne. La contribution des investisseurs privés (banques, compagnies d’assurances, fonds de pension) ne sera pas obligatoire mais bien volontaire.

Sauf surprise, les grands argentiers de l’Union européenne devraient donner leur aval au versement à la Grèce de 8,7 milliards d’euros auxquels devraient s’ajouter 3,3 milliards de la part du FMI. Il s’agit là de la 5e tranche de la cagnotte de 110 milliards promise à Athènes l’année dernière et dont l’objectif était de stabiliser le risque, pour les investisseurs, que représentaient les emprunts de l’Etat grec, de façon à autoriser celui-ci à se financer à un taux raisonnable dès 2012.

Chacun se rend maintenant compte que les 110 milliards ne suffiront pas car les réformes de fond exigées en contrepartie par les partenaires de la Grèce tardent à se mettre en place et à produire l’effet escompté.

De même, les mouvements de protestation en Grèce n’incitent pas les investisseurs internationaux privés à se presser au portillon. Il n’empêche, la somme débloquée ici à Luxembourg dans les heures qui viennent permettra à la Grèce de tenir jusqu’à la rentrée. D’ici là, l’Union européenne et le FMI pourront mettre au point un dispositif supplémentaire qui pourrait venir doubler le montant prévu initialement.

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