Accéder au contenu principal
Royaume-Uni

Sale été pour David Cameron

David Cameron, le Premier ministre britannique
David Cameron, le Premier ministre britannique Reuters
3 mn

Quinze mois après son arrivée à Downing Street, les émeutes qui ont embrasé l’Angleterre pendant plusieurs jours constituent la crise la plus grave qu’a eu à gérer le Premier ministre britannique depuis sa prise de fonction. Un dossier qui vient se rajouter à de nombreux autres, pour un été 2011 qui a de plus en plus les allures de parcours du combattant.

Publicité

En pleine période de vacances estivales, David Cameron a dû convoquer par deux fois le Parlement en session extraordinaire, du jamais vu depuis 2002. Il faut dire que les circonstances étaient pour le moins exceptionnelles.

Premier acte : le 20 juillet.

En plein scandale des écoutes téléphoniques, David Cameron doit répondre devant les députés britanniques de ses liens avec News Corp., le groupe de presse gargantuesque qui éditait le tabloïd News of the World, mis en cause dans l’affaire. Il est non seulement reproché au locataire du 10, Downing Street ses accointances avec les dirigeants du groupe – il les a rencontrés 26 fois depuis sa prise de fonction -, mais également ses liens avec un ancien rédacteur en chef du tabloïd, Andy Coulson, qui n’était autre que son directeur de la communication. Andy Coulson a depuis été arrêté puis remis en liberté conditionnelle pour son rôle présumé dans les écoutes. A l’époque le Guardian écrivait : « Ce n'est pas encore le Watergate, mais les remous de l'affaire se rapprochent de David Cameron. »

Second acte : début août.

A peine David Cameron parti en vacances en Italie, qu’un nouvel épisode de la crise de la dette se déclare : la zone euro connaît de nouveaux remous, et les marchés financiers dévissent. Bien que ses services aient répété à plusieurs reprises que le chef du gouvernement était tenu au courant heure par heure, la presse et l’opposition n’ont pas manqué de relever son absence, conjuguée à celle de son ministre des Finances.
Sur fond de politique d’austérité, de rigueur et de crise sociale, le cocktail devient explosif.

Troisième acte : jeudi 11 août.

Après cinq nuits d’émeutes en Angleterre, David Cameron convoque une seconde fois le Parlement. Le Premier ministre a écourté ses vacances ; il est revenu depuis deux journées, deux journées qu’il vient de passer sur tous les fronts : il doit faire oublier les photos de sa femme et lui, à la terrasse d’un café en Toscane, publiées par la presse à côté de celles de magasins dévalisés.

Il intervient donc deux fois en 48 heures sur le perron de Downing Street, prend un ton offensif. Ses mesures le sont aussi : déploiement massif de policiers dans Londres, recours possible aux canons à eau, mise en garde des fauteurs de troubles. David Cameron veut montrer qu’il a repris la main et sait qu’il joue gros. La presse britannique le souligne : se montrer ferme sur la sécurité, c’est le meilleur moyen pour lui de regagner la crédibilité qu’il a perdu pendant l’été. D’autant plus qu’à un an des Jeux Olympiques de Londres, les images des bâtiments en feu sont diffusées dans le monde entier.
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.