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Danemark / Elections législatives

Danemark : une victoire serrée pour la gauche aux élections législatives

La social-démocrate Helle Thorning-Schmidt devrait devenir le nouveau Premier ministre au Danemark.
La social-démocrate Helle Thorning-Schmidt devrait devenir le nouveau Premier ministre au Danemark. REUTERS/Erik Refner
Texte par : Daphné Gastaldi
3 mn

Dix ans que les militants sociaux-démocrates attendaient ce moment : la gauche revient au pouvoir au Danemark après les élections législatives du 15 septembre 2011. Et pour la première fois, c'est une femme, Helle Thorning-Schmidt, qui devrait prendre la tête du gouvernement danois. Mais le bloc de gauche n'a pas obtenu une majorité confortable.

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Les résultats des élections législatives du 15 septembre changent la donne politique au Danemark. La gauche revient au pouvoir alors que c'était un parti centre-droit, sous influence populiste, qui dirigeait le pays depuis 2001. Cette victoire des sociaux-démocrates s'est jouée à quelques sièges près. Le bloc de gauche a remporté 92 des 179 sièges au Folketing, le Parlement danois. Le « Bloc bleu », l'alliance sortante de centre-droit, a récupéré 86 sièges. La victoire du « Bloc rouge » n'était donc pas acquise.

C'est grâce aux suffrages du Groenland et des îles Féroé que les sociaux-démocrates ont remporté la majorité absolue. Le taux de participation de ces élections législatives était de 87,7%. Un engouement attendu puisque la participation est en général supérieure à 80% au Danemark.

Une femme de gauche, une première

« The First », « La Conquérante » : ainsi surnommée, Helle Thorning-Schmidt fait la une des journaux danois. A elle seule, la chef de file du « Bloc rouge » représente l'aboutissement de deux combats : la victoire de la gauche et l'ascension des femmes au pouvoir.

Helle Thorning-Schmidt a célébré ce jeudi 15 septembre au soir la victoire de son parti social-démocrate et remercié ses sympathisants : « Nous l'avons fait ! [...] Aujourd'hui, nous avons écrit une page d'histoire ».

Le Premier ministre sortant, le libéral Lars Lokke Rasmussen, a reconnu sa défaite aux élections législatives. « Vendredi à 11h00, je remettrai la démission du gouvernement à la reine, a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision TV2. Il n'y a plus de motif de rester au gouvernement. »

Helle Thorning-Schmidt doit encore franchir une étape. La reine Margrethe II doit la désigner comme Premier ministre. Une fois cette formalité réglée, la favorite pourra ensuite constituer son nouveau gouvernement.

La chef des sociaux-démocrates doit former une coalition avec les partis de gauche. Helle Thorning-Schmidt compte s'allier aux centristes. A 44 ans, la belle-fille de l'ex-leader britannique Neil Kinnock a déjà réussi le pari de fédérer le groupe d'extrême-gauche des Rouges-Verts, les centristes et le Parti social-libéral. Des formations politiques également dirigées par des femmes. Leur ascension au pouvoir est la preuve d'une plus grande parité politique au Danemark.

Dans son programme politique, Helle Thorning-Schmidt souhaite relancer les dépenses budgétaires pour contrer la crise économique. Une démarche qui s'oppose aux mesures d'austérité du gouvernement sortant. Elle propose d'investir dans l'éducation et les infrastructures. Son gouvernement devrait injecter environ 2,41 milliards d'euros dans l'économie du pays. Ces investissements seront financés par une heure de travail hebdomadaire supplémentaire.

Le recul historique de l'extrême droite

Pour la première fois, le parti d'extrême droite Dansk Folkeparti (DF) fait figure de perdant aux élections. Pour les analystes politiques, c'est le signe qu'un nouveau paysage politique est en train d'émerger au Danemark.

Les élections législatives marquent la fin d'une période de dix années sous l'influence du Dansk Folkeparti, le Parti du peuple danois. Ce parti anti-immigration dirigé par Pia Kjaersgaard soutenait le gouvernement du Premier ministre Lars Lokke Rasmussen au Parlement. Le Premier ministre avait pris ses distances avec le parti de Pia Kjaersgaard avant le scrutin du 15 septembre. Dans son programme, il avait exclu toute coalition avec le Parti du peuple danois si le Parti libéral remportait les élections législatives. Le Dansk Folkeparti perd trois sièges de députés au Parlement et se considère désormais dans l'opposition.

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