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Europe / Economie

BCE : Jean-Claude Trichet se retire dans la tourmente économique

Jean-Claude Trichet quitte son poste de président de la Banque de l'Europe.
Jean-Claude Trichet quitte son poste de président de la Banque de l'Europe. REUTERS/Francois Lenoir
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Passation de pouvoir à Francfort. Le Français Jean-Claude Trichet quitte ce lundi 31 octobre 2011 la présidence de la BCE, la Banque centrale européenne, et cède sa place à l'Italien Mario Draghi. Bilan de huit années marquées par la crise des subprimes et celle des dettes souveraines.

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Pendant huit ans à la tête de la BCE, Jean-Claude Trichet s'est distingué comme le meilleur ennemi de l'inflation. Son credo : assurer une stabilité financière aux Européens. Il y est parvenu en maintenant l'inflation à 2,01% par an depuis 1999. Au cours de ses années d'exercice, il a rendu l'euro fort, le hissant au rang de monnaie internationale.

Mais cette rigueur monétaire n'est pas du goût de tous. Ses opposants lui reprochent de ne s'intéresser qu'à la surveillance des prix au détriment de la croissance et de l'emploi. Autre point de controverse : la décision de la BCE de racheter depuis 2010 des dettes publiques des Etats en difficulté. Une politique qui passe mal car elle fait baisser les taux d'intérêt des prêteurs et interfère avec les règles du financement.

Soucieux de l'intérêt général, Jean-Claude Trichet a gagné le respect de la finance internationale. Pourtant, certains lui reprochent d'avoir tardé à mesurer la gravité de la situation, d'autres l'incriminent de ne pas avoir alerté les pays européens sur les politiques risquées de la Grèce, de l'Espagne, de l'Irlande ou encore sur les prises de risques inconsidérées des banques dans la spéculation financière.

Avec le départ de Jean-Claude Trichet, c'est une page qui se tourne pour la France, dès demain, plus aucun Français ne siègera dans cette institution.

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Jean-Claude Trichet, c'est le parcours type de l'élève doué et curieux de tout. Ingénieur civil d'abord, il étudie ensuite à Sciences Po Paris et à 29 ans, il sort de l'ENA, promotion Thomas Moore, où il côtoie notamment Jean-Paul Huchon, Jean-Louis Bianco et Claude Guéant.

Inspecteur des finances, abonné aux cabinets ministériels, il est directeur du Trésor puis à 51 ans, gouverneur de la Banque de France. En 2003, le voilà deuxième président de l'histoire de la jeune Banque centrale européenne. Son credo à Francfort sera celui de la priorité donnée à la lutte contre l'inflation. Sous son épaisse mèche de cheveux gris, l'homme est affable, souriant, mais très prudent. Il est capable de courage aussi. Sa gestion, calme et décisive, de la crise des prêts hypothécaires américains lui vaut le titre de personnalité de l'année 2007, desservi par le Financial Times.

Jean-Claude Trichet s'exprime volontiers dans un anglais technique, rehaussé par l'accent de Maurice Chevalier et affectionne les chemises anglaises bleues à rayures et à cols unis blancs comme à la City de Londres, ce qui lui a valu en 2004, le moins glorieux prix de la Carpette anglaise. Mais, il fallait bien qu'il ait au moins un défaut.

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