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PAYS-BAS

Haro sur l'Euro aux Pays-Bas

Geert Wilders, le leader du parti d'extrême-droite néerlandais, le Parti pour la liberté (PVV) préconise la création du «Neuro»
Geert Wilders, le leader du parti d'extrême-droite néerlandais, le Parti pour la liberté (PVV) préconise la création du «Neuro» Reuters/Fabrizio Bensch

Les populistes de droite veulent un référendum sur le retour au florin, l’ancienne devise nationale, tandis qu’un économiste lié au parti libéral au pouvoir préconise la création du «Neuro», une zone monétaire réservée aux pays d’Europe du Nord.

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De notre correspondante à Amsterdam

Le ressentiment à l’égard de l’euro s’aggrave aux Pays-Bas. « Si nous ne pouvons pas expulser la Grèce de la zone euro, nous pouvons nous-mêmes sortir de la zone », martèle depuis septembre le populiste de droite Geert Wilders, à la tête du troisième parti politique du pays, le Parti pour la liberté (PVV), qui soutient l’actuelle coalition de droite au pouvoir. Selon un sondage TNS du 7 novembre, 58% des Néerlandais souhaitent revenir à leur ancienne monnaie, le florin. Une proportion qui passe à 72% de l’électorat du PVV. Du coup, le sang de Geert Wilders n’a fait qu’un tour : le député a commandé le 11 novembre à un cabinet d’études britannique une étude sur les avantages et inconvénients d’une sortie des Pays-Bas de la zone euro. Si les conclusions de se rapport s’avèrent positives, il demandera un référendum sur le retour au guilder, le florin néerlandais.

Les effets inflationnistes de l’euro avaient en partie motivé le retentissant « nee » des Néerlandais, avec 61,6% des voix, au référendum du 2 juin 2005 sur le traité constitutionnel européen. Aujourd’hui, l’idée que les pays ayant leurs comptes en bon ordre doivent payer pour la dette grecque et italienne paraît profondément injuste à l’opinion néerlandaise. Mark Rutte, le Premier ministre libéral, plaide comme les Allemands et les Autrichiens pour une possible expulsion de la zone euro des pays qui ne respectent pas leurs engagements budgétaires.

«Neuro»

Au sein du parti libéral (VVD), au pouvoir, les débats font rage. Patrick van Schie, chef du think tank de stratégie politique des libéraux, préconise rien moins que la création du «Neuro». Une zone monétaire unique pour les pays d’Europe du Nord. Patrick van Schie estime qu’il faut sortir d’une zone qui comprend des pays « faibles comme la Grèce, l’Italie et bientôt la France », et dénonce la « propagande du gouvernement en faveur de l’euro ». Rien ne prouve, selon lui, que la monnaie unique européenne ait apporté prospérité, faible inflation et taux de chomâge peu élevé (5,4%) aux Pays-Bas.

Dans la presse de gauche, les commentateurs plaident plutôt pour « l’unité de la grande famille européenne », mais n’en soulignent pas moins les « différences culturelles » entre l’Europe du Nord et du Sud. Martin Sommer, éditorialiste du quotidien De Volkskrant, estime que les difficultés des pays d’Europe du Sud sont liées à leur « culture politique », notamment la négociation des salaires via le conflit social plutôt que par le dialogue.

Les autorités de La Haye voudraient que ces débats prennent moins d’importance, car ils pourraient donner l’impression que les Pays-Bas considèrent sérieusement une sortie de la zone euro. Klaas Knot, le président de la Banque centrale néerlandaise (DNB), estime qu’il y a déjà « assez de spéculation sur l’effondrement de l’euro sur les marchés financiers ». A elle seule, la simple hypothèse d’un retour au florin risque de ne faire qu’aggraver la crise.

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