Italie

La méthode Monti ne fait pas l’unanimité en Italie

Rome, le 16 novembre 2011. Palais du Quirinale. Le nouveau gouvernement italien, dirigé par Mario Monti (5e en partant g.) sous la présidence de Giorgio Napolitano (4e id.).
Rome, le 16 novembre 2011. Palais du Quirinale. Le nouveau gouvernement italien, dirigé par Mario Monti (5e en partant g.) sous la présidence de Giorgio Napolitano (4e id.). © Reuters
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le nouveau chef du gouvernement italien, Mario Monti, présente ce jeudi 17 novembre 2011 son programme politique aux sénateurs. Un vote de confiance doit avoir lieu en fin de journée. Demain, ce sera aux députés d'être consultés. Si les soutiens des deux institutions semblent quasiment acquis, celui de la rue ne l'est pas encore. Les étudiants se mobilisent aujourd'hui pour manifester, à l'occasion de la Journée internationale de l'étudiant.

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Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

L’élite politique et économique et même les grands syndicats expriment leur soulagement face au nouveau gouvernement Monti. Un exécutif caractérisé d’une part par l’absence de politiques, ce qui est une première dans l’histoire de la République italienne, et d’autre part par la compétence dans leur secteur d’activité, des membres qui le composent , y compris ceux issus directement d’institutions catholiques.

Toutefois, on observe que « Super Mario » comme les Italiens ont surnommé le nouveau chef du gouvernement, ne fait pas l’unanimité dans le pays. À titre d’exemple, on peut citer la Une du quotidien indépendant  il Fatto Quotidiano  qui résume son point de vue sur le gouvernement par  « Dieu, les banques et la famille ».

Première journée de manifestations

Ce jeudi 17 novembre 2011, à l’occasion de la Journée mondiale des étudiants, ces derniers vont descendre dans les rues de Milan et de Rome pour protester contre un gouvernement, né, disent-il, de la volonté de la Banque centrale européenne et plus largement de celle d’émissaires de l’empire financier. Un exécutif, déplorent-ils encore, qui suspend la démocratie puisque la parole n’a pas été donnée aux électeurs. En conséquence, les manifestants réclament des élections anticipées.

L'enjeu politique de ce jeudi, c'est aussi le vote de confiance au gouvernement des sénateurs. Le successeur de Silvio Berlusconi a toutes les chances d’obtenir un large soutien lors du vote de confiance au Sénat où il va dévoiler son programme de gouvernement. Ni la droite, ni le centre, ni la gauche, ne veulent porter directement sur leur épaules le fardeau des sacrifices qui seront exigés. La politique menée par Silvio Berlusconi n’a pu su faire face à la crise, ni même la reconnaître alors que le pays se trouve au bord du précipice depuis des mois. Il n’y a pas de solution alternative à un gouvernement de sauvetage national.

Mario Monti a construit son programme sur deux piliers : austérité et relance de la croissance. Après le soutien des sénateurs, le nouveau chef de gouvernement devrait obtenir demain, vendredi, celui des députés. Mario Monti a pris la tête d'un gouvernement d'experts et de technocrates pour tenter de restaurer la crédibilité de l'Italie, dont il sera aussi le ministre de l'Économie. L'ancien commissaire européen, âgé de 68 ans, a été choisi le 13 novembre pour remplacer Silvio Berlusconi alors que l'Italie, handicapée par une énorme dette de près de 1 900 milliards d'euros, risquait l'asphyxie après une hausse vertigineuse des taux des emprunts d'Etat.

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