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Pays-Bas

Pays-Bas: une nation moins tolérante à l’égard des homosexuels?

Précurseurs sur le mariage homosexuel, les Pays-Bas sont confrontés à une vague anti-gay.
Précurseurs sur le mariage homosexuel, les Pays-Bas sont confrontés à une vague anti-gay. ©AFP / Alfredo Estrella

Dans le premier pays du monde à avoir légalisé le mariage homosexuel, en 2001, les couples gays et lesbiens sont la cible d’un nombre croissant d’attaques. Interdit, désormais, d’interdire les mariages gays et lesbiens aux Pays-Bas… Une loi a été adoptée le 14 novembre 2011 pour contraindre tous les officiers de l'état civil à marier les couples homosexuels.

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Dix ans après la légalisation du mariage entre personnes du même sexe, les Pays-Bas doivent légiférer… La raison ? Une centaine d’officiers de l’état civil refusent de célébrer ces unions, le plus souvent pour des raisons religieuses. « Dans la Bible, il est écrit que le mariage doit se faire entre un homme et une femme », note ainsi Finny Wobbes, l’une des trois fonctionnaires limogées en août par la ville de Groningue, à cause de ce refus. 

Désormais, tous les officiers d’état civil devront respecter les lois en vigueur contre la discrimination – du moins si la nouvelle loi qui les concerne est adoptée au Sénat. A la seconde Chambre, l’opposition des chrétiens démocrates, membres de la coalition au pouvoir, pourrait tout remettre en question.

 

90% des Néerlandais acceptent l'homosexualité

 

Une tendance anti-gay progresse ces dernières années aux Pays-Bas, nation pourtant réputée l’une des plus tolérantes à l’égard des homosexuels. Le plat pays aurait pu avoir un Premier ministre ouvertement gay, si Pim Fortuyn n’avait pas été assassiné en 2002, à quelques semaines des élections. Se démarquant des extrêmes droites européennes, les populistes du Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders font des droits des homosexuels une valeur typiquement néerlandaise, au même titre que la liberté d’expression. L’homosexualité est acceptée par 90% des Néerlandais, selon le Bureau de planification culturelle et sociale (SCP), mais seulement 25% des immigrés d’origine marocaine et 30% des immigrés d’origine turque.

 

Il n’empêche. Les agressions physiques contre les couples homosexuels se multiplient. Même à Amsterdam, il n’est plus si évident, pour deux femmes ou deux hommes, de se promener main dans la main. Selon la police, les actes de discrimination et de violence contre les homosexuels, les bisexuels et les transsexuels ont augmenté de 13% en 2009 et de 54% en 2010. Les groupes de jeunes Marocains ou Turcs homophobes ne sont pas seuls en cause.

 

Des couples gays quittent Amsterdam

 

Ces derniers sont responsables de 36% des agressions à Amsterdam, mais de seulement 14% des agressions à l’échelle nationale. Dans 86% des cas, les agresseurs sont des Néerlandais de souche, rappelle la police. « Crise économique et tensions sociales font monter l’agressivité, notamment parmi les classes moyennes et défavorisées », explique Laurent Chambon, sociologue français résidant à Amsterdam.

 

Depuis le début de l’année, 34 couples gays et lesbiens ont déménagé à La Haye, Utrecht ou Sittard (contre 29 cas en 2010 et 27 en 2009), à cause de l’attitude de leurs voisins. A cause de ces incidents à répétition, le magazine homosexuel Gay Krant a lancé en octobre un site contre le harcèlement des couples gays et lesbiens. En moins d’un mois, pas moins de 200 témoignages lui sont parvenus. Un afflux auquel Henk Krol, rédacteur en chef de Gay Krant, ne s’attendait pas.

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