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La France, l’Allemagne et l’Italie se retrouvent pour un sommet de crise

Mini-sommet de crise France-Allemagne-Italie ce jeudi 24 novembre 2011.
Mini-sommet de crise France-Allemagne-Italie ce jeudi 24 novembre 2011. Getty Images
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Mini-sommet de crise ce jeudi 24 novembre 2011 à Strasbourg. Il réunira à la mi-journée le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et Mario Monti, le nouveau chef du gouvernement italien. Et le président du Conseil italien va devoir assurer les leaders français et allemand des efforts de son pays pour contribuer à enrayer la contagion de la crise de la zone euro.

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Avec notre envoyée spéciale à Strasbourg

Le nouveau chef du gouvernement italien, Mario Monti a beau qualifier la réunion d’informelle, c’est bien un mini-sommet de crise à trois qui va se tenir ce jeudi à Strasbourg. Et face au tandem franco-allemand, gestionnaire en chef de la crise de la dette européenne, Mario Monti va tout d’abord devoir se montrer rassurant. Convaincre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel de sa capacité à tenir les comptes. Avec 1 900 milliards d’euros de dette, l’Italie est toujours au bord du gouffre et Mario Monti devra à nouveau montrer sa détermination à respecter ses engagements.

Les trois dirigeants européens devraient ensuite examiner les armes anticontagion susceptibles de sortir la zone euro du marasme et donc de rassurer les marchés. Alors que les Bourses européennes continuent leur plongeon et que triple A de la France est toujours menacé, le président Sarkozy devrait ainsi à nouveau plaider en faveur d’un rôle accru de la Banque centrale européenne, BCE. La seule à même de racheter massivement les dettes des pays les plus fragiles constituant ainsi, pour Paris, le seul rempart crédible contre la propagation de la crise.

L’Allemagne et l’Italie y sont toujours opposées mais la France vient de faire un pas en direction de Berlin en acceptant la révision des traités pour inscrire une plus grande discipline budgétaire. En espérant que la chancelière évolue à son tour sur le rôle de la BCE.

L’Allemagne à son tour inquiétée

Les investisseurs ne se sont pas bousculés hier pour la dernière émission de l'année du Bund, l'emprunt d'Etat allemand qui fait pourtant référence pour tout le marché européen. Berlin n'a pu lever que 60% des six milliards d'euros que le pays comptait emprunter sur le marché primaire. Seule satisfaction, les taux concédés sont encore très bas : 1,98% contre 3,6% pour la France par exemple qui bénéficie pourtant elle aussi d'une notation Triple A.

Cette adjudication très décevante fait craindre que l'Allemagne ne soit à son tour affectée par la crise, alors que jusqu'à présent sa dette souveraine faisait office de valeur refuge. Pour de nombreux analystes, les marchés ont envoyé un signal clair pour signifier à la première économie européenne qu'elle pourrait bien souffrir à son tour de la dégradation de la situation de ces partenaires de la zone euro.

Mais il en faudra sans doute beaucoup plus pour faire plier l'Allemagne qui rejette pour le moment toutes les propositions avancées pour contenir une propagation de la crise. Qu'il s'agisse d'une intervention massive de la BCE, la Banque centrale européenne ou de l'émission d'euro-obligations, Berlin oppose pour le moment un solide refus.

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