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Italie/Crise économique

Italie: une cure d’austérité sans précédent

Les personnes âgées seront particulièrement touchées par le nouveau plan de rigueur en Italie. Rome, district de San Lorenzo, le 25 novembre 2011.
Les personnes âgées seront particulièrement touchées par le nouveau plan de rigueur en Italie. Rome, district de San Lorenzo, le 25 novembre 2011. Giorgio Cosulich/Getty Images
Texte par : Francine Quentin
4 mn

C’est bien une « médecine amère » que le président du Conseil, Mario Monti, prescrit aux Italiens pour redresser leurs finances publiques. La presse italienne ne s’y est pas trompée, même si elle veut aussi y voir le sens des responsabilités du président du Conseil.

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Le nouveau plan d’austérité italien prévoit 20 milliards d’euros d’économies et de recettes supplémentaires pour la période 2012-2014. Le nom de code de ce nouveau plan, « Sauver l’Italie », affiche bien l’urgence du redressement des finances publiques d’un pays attaqué par les marchés financiers. Ces derniers s’inquiètent d’une dette égale à 120% du PIB et exigent des taux d’intérêts très élevés.

Il s’agit donc de réaliser 20 milliards d’euros d’économies. Tout d’abord en réduisant les dépenses publiques : les conseils départementaux seront supprimés, les conseillers régionaux réduits en nombre. Pour montrer l’exemple, Mario Monti renonce pour sa part à sa rémunération de président du Conseil et de ministre des Finances.

Rompant avec les pratiques de son prédécesseur Silvio Berlusconi, Mario Monti a déjà impulsé une réduction du train de vie de l’Etat. Et cette rigueur il l’applique également aux plus favorisés des Italiens. Une taxe sur les produits de luxe, voitures de grosse cylindrée yachts, avions, est instaurée. De même qu’un impôt exceptionnel de 1,5% sur les capitaux régularisés dans le cadre de l’amnistie fiscale adoptée par le gouvernement précédent. Dans le même ordre d’idée, la lutte contre l’évasion fiscale est renforcée avec notamment l’interdiction des paiements en liquide supérieurs à 1 000 euros.

Les « riches » ne sont pas les seuls touchés par la cure d’austérité. La fiscalité sur les biens immobiliers est augmentée avec la réintroduction de la taxe sur la résidence principale qui avait été abolie en 2008. La TVA pourrait également être réévaluée de deux points, à 23%, si cela s’avère nécessaire, à partir de septembre 2012.

Les retraités premières victimes

Mais les retraités italiens sont les premières « victimes » de l’austérité. Le nombre d’années de cotisation nécessaires pour partir en retraite passera de 40 à 41 ans pour les femmes et à 42 ans pour les hommes. L’âge minimum de départ à la retraite des femmes dans le secteur privé va passer de 60 à 62 ans en 2012 et même 66 ans en 2018, comme pour les hommes. Le calcul du montant des retraites ne se fera plus sur les derniers salaires perçus mais sur l’ensemble de la carrière. L’indexation automatique des retraites sur l’inflation est gelée, sauf pour les plus petites retraites.

Face à ces mesures de rigueur, le gouvernement italien prévoit aussi des mesures pour relancer l’économie, à hauteur de 10 milliards d’euros, sachant que la cure d’austérité va peser sur la croissance. Le PIB devrait reculer de 0,4 à 0,5% l’année prochaine. D’où la réduction des charges sociales des entreprises qui embauchent des femmes et des jeunes, des crédits d’impôt-recherche et des aides à la capitalisation des entreprises.

Aussi dure que soit la purge, elle a été bien accueillie par le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn qui a jugé le plan Monti « opportun et ambitieux ». Les marchés financiers l’ont également salué : sur le marché obligataire, les taux italiens se détendaient fortement.

 

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