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Russie

L’opposition russe en ordre de marche

Manifestants à Moscou, le 24 décembre 2011.
Manifestants à Moscou, le 24 décembre 2011. REUTERS/Tatyana Makeyeva
Texte par : RFI Suivre
5 mn

L'opposition russe qui a dénoncé les fraudes aux dernières législatives du 4 décembre 2011, revient donc sur le devant de la scène à l’occasion des manifestations de ces derniers jours. Une opposition qui commence à se structurer malgré ses nombreuses différences pour faire entendre sa voix et contrer le pouvoir du Premier ministre Vladimir Poutine.

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Samedi dernier, lors de la grande manifestation de Moscou il y avait les libéraux, les conservateurs, les communistes et les ultranationalistes. Ils étaient tous présents, dans le même cortège, ce qui veut dire qu'ils ont réussi à se structurer pour l'occasion, même si chacun portait ses couleurs distinctives, pour rester identifiable.

Il est vrai que tous ces mouvements de l'opposition russe n'ont pas grand-chose en commun sur le plan politique. Mais ils contestent tous ensemble les fraudes aux législatives du 4 décembre et ils ont la volonté de s'opposer au pouvoir de Vladimir Poutine. Le Premier ministre russe s'apprête à redevenir président en mars 2012 et pourra ensuite le rester, théoriquement, jusqu'en 2024.

L'opposition russe n'est donc pas unitaire, loin s'en faut, mais elle a aujourd’hui des objectifs communs et a fait irruption dans l'actualité de manière éclatante. Il faut dire qu'on n'avait pas vu depuis très longtemps une telle mobilisation populaire à Moscou. Personne n'aurait pu prédire cette évolution il y a tout juste quelques semaines puisque jusqu'à présent les opposants arrivaient à peine à rassembler quelques centaines de personnes.

Emergence de nouveaux leaders

Le mouvement de contestation n'est qu'à son début et, s'il ne subit pas un coup d'arrêt brutal, il se développera et des leaders charismatiques apparaitront. Pour l'instant, les têtes les plus connues restent l'ancien président soviétique et père de la perestroïka Mikhaïl Gorbatchev, 80 ans, l'ancien champion mondial d'échecs Garry Kasparov, opposant de longue date mais qui ne s'est pas vraiment imposé dans l'opinion publique.

On retrouve aussi des personnalités qui ont eu des responsabilités il y a quelques temps, comme l'ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov, ou encore Alexeï Koudrine, ex-ministre des Finances très respecté dans les capitales du monde entier. Mais celui dont on parle le plus à l'heure actuelle c'est Alexeï Navalny, un jeune juriste de 35 ans, père de deux enfants, blogueur infatigable et redoutable orateur, capable d'enflammer les foules. C'est lui qui, pour beaucoup, a la carrure d'un présidentiable.

Inquiétude à la tête de l’Etat

Vladimir Poutine, car c'est lui qui tient les rênes du pouvoir à Moscou, est aujourd’hui inquiet. Dans un premier temps il a tenté de minimiser le mouvement de contestation, il s'est même laissé aller à des blagues douteuses dans une émission de télévision, après la première manifestation d'ampleur : il a comparé le ruban blanc des opposants à un préservatif et les opposants eux-mêmes à une tribu de singes du Livre de la jungle de Rudyard Kipling. Il a aussi évoqué un complot de l'étranger.

Mais après la manifestation du samedi 24 décembre, avec près de 100 000 personnes dans les rues de Moscou, le ton a quelque peu changé, le porte-parole de Vladimir Poutine a dit que les gens qui sont descendus dans la rue sont une partie importante de la société et leur opinion a été entendue. Mais il s'est empressé de rajouter qu'il s'agit tout de même d'une minorité. C'est là dessus que Vladimir Poutine mise, il espère que malgré tout, la plupart des Russes le soutiendront.

La présidentielle relancée

La présidentielle est prévue en mars prochain. Vladimir Poutine a œuvré pour revenir au Kremlin à cette occasion mais d’ici là il peut se passer beaucoup de choses. Déjà l'opposition voudrait que soient annulés les résultats des législatives de décembre, là où les fraudes ont été les plus massives, un processus qui pourrait mener à de nouvelles élections avec la réforme électorale annoncée la semaine dernière par le président Dmitri Medvedev. Mais il n'est pas sûr du tout que Vladimir poutine se résolve à accepter ce scénario, à moins, à moins, d'y être contraint par une mobilisation encore plus forte de l'opposition.

Ce lundi, peu de gens se sont déplacés pour soutenir Sergueï Oudaltsov, le chef de file d'un mouvement d'extrême gauche condamné à dix jours de prison. La preuve que l'opposition bien que mieux organisée n’est pas encore unitaire. Mais ses leaders appellent tout de même à une nouvelle grande manifestation au début de l'année prochaine, probablement aux alentours du 10 janvier. Ce sera un test probablement décisif pour mesurer le rapport de forces avec le pouvoir de Vladimir Poutine.

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