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RUSSIE

La presse russe constate le succès d’un mouvement devenu anti-Poutine

Un opposant au pouvoir lève une pancarte avec le portrait de Vladimir Poutine et l'inscription : « Va-t'-en! », lors de la manifestation du 24 décembre 2011 à Moscou.
Un opposant au pouvoir lève une pancarte avec le portrait de Vladimir Poutine et l'inscription : « Va-t'-en! », lors de la manifestation du 24 décembre 2011 à Moscou. REUTERS/Sergei Karpukhin
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les quotidiens et les périodiques russes consacrent toutes leurs Unes et beaucoup d’analyses aux manifestations qui se sont déroulées dans le pays samedi 24 décembre. La plupart reconnaissent que, d’une contestation des résultats des dernières législatives, le mouvement est désormais tourné vers l’élection présidentielle du 4 mars, avec un but clair : que Poutine ne soit pas élu. Mais la viabilité à terme du mouvement fait débat.

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De la contestation des résultats des législatives à un mouvement anti-Poutine. C’est, pour les principaux titres de la presse russe, l’évolution des revendications des manifestants qui se sont massivement réunis samedi 24 décembre à Moscou notamment.

Novye Izvestia note ainsi que, si la précédente manifestation avait mis l’accent sur les fraudes aux législatives, le rassemblement de samedi s'est tourné vers la présidentielle, avec la décision de fonder une association des observateurs électoraux et un appel à ne pas voter Poutine, le 4 mars. « Cette fois-ci, à chaque minute qui passait le rassemblement devenait de plus en plus anti-Poutine », estime le quotidien. « Ce qui inquiète les gens, ça n’est pas tant le résultat des législatives qu'un nouveau mandat de Poutine », confirme Vedomosti.

Les journaux russes débattent également du succès de la manifestation. Et tombent d’accord sur le fait que le chiffre de 29 000 manifestants, avancé par la police, n’est pas crédible. Mais pas plus que celui de 120 000 personnes, donné par l’opposition. Novaïa Gazetan, un périodique d’oppostion, avance son propre décompte : 102 000. Un peu moins, selon Moskovski Komsomolets qui donne un chiffre de 73 000 personnes.

Inertie du pouvoir ou réformes

« La manifestation du 24 décembre a réuni plus de monde que la précédente » poursuit Moscovskij Komsomolets, jugeant en conséquence que « le succès est incontestable ». Mais il se demande : « Quelle sera la suite ? ». Pour le journal, les leaders du mouvement doivent désormais trouver un terrain d'entente et développer un programme politique pour concurrencer le régime. La longue période de vacances qui s’annonce –du 1er au 10 janvier– pourrait leur permettre de discuter. A l’inverse, au sein de la classe dirigeante, certains prônent l’inertie, comptant sur le fait qu'avec les vacances de Noël, les manifestants vont se calmer. Mais un tel scénario amènera la « révolution orange » (une référence à la révolution ukrainienne, NDLR), selon la sociologue Olga Krychtanowska. Réfome ou non, pour Moscovskij Komsomolets, l’issue est inévitable : « Il est évident que Vladimir Poutine gagnera au deuxième tour [de la présidentielle]. Mais ce ne sera pas une victoire inconditionnelle. Cela forcera les dirigeants à réaliser que la société civile existe ».

Quel que soit l’avenir de Poutine, Nezavissimaya Gazeta propose divers scénarios pour faire évoluer la Russie vers un terrain d’entente possible entre manifestants et pouvoir : des changements dans la classe dirigeante, une accélération des réformes, un serrage de vis, ou bien une table ronde entre l’opposition et le pouvoir. Selon les experts interrogés par Kommersant, la présence à la manifestation de l’ancien ministre des Finances Aleksei Koudrine, que Vladimir Poutine a récemment qualifié d’ « ami », est le signe que l’élite cherche une issue à la situation délicate dans laquelle elle se trouve depuis les élections du 4 décembre. D’ailleurs, pour Nezavissimaya Gazeta , il n’y a qu’une solution pour contrer l'opposition : l'accélération des réformes. Ce serait déjà une victoire pour les manifestants.

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