France / Justice

Fichier génétique: le syndicaliste CGT des «Contis» Xavier Mathieu, à nouveau devant les juges

Compiègne, 3 mai 2011. Xavier Mathieu, leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix, lors de sa première comparution.
Compiègne, 3 mai 2011. Xavier Mathieu, leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix, lors de sa première comparution. © AFP/François Nascimbeni

Le syndicaliste CGT Xavier Mathieu, représentant des « Contis », les salariés de l'usine Continental de Clairoix dans l'Oise, est jugé en appel le 4 janvier 2012, à Amiens. Quatre candidats à la présidentielle française 2012 ont annoncé leur présence. Xavier Mathieu avait refusé de se soumettre à un prélèvement d'empreinte génétique, après le saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril 2009.

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La comparution du syndicaliste CGT devant la cour d'appel d'Amiens est l'occasion pour tous ceux qui contestent la légitimité du fichier national automatisé des empreintes génétiques de monter au créneau.

Le fichier national automatisé des empreintes génétiques a été créé en 1998. Prévu à l'origine pour recenser uniquement les délinquants sexuels, il a été élargi depuis à une cinquantaine d'infractions, dont la dégradation de biens ou le fauchage d'OGM.

Pour la magistrate et vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme, Evelyne Sire-Martin, le risque est que ce fichier se transforme en outil de répression de la contestation sociale :

« C'est très facile de reprocher à quelqu'un, qui est, par exemple,  sur un lieu de manifestation ou certes, des dégradations peuvent être commises d'y avoir participé, et là, on a affaire à un fichage d'une durée de 25 à 40 ans, et là il y a un problème d'atteinte à la liberté d'expression et à la liberté de manifester ».

Quatre candidats à la présidentielle française 2012 ont annoncé leur présence à l'audience de ce mercredi : Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) en soutien à Xavier Mathieu.

Plus de 1 700 000 empreintes sont aujourd'hui répertoriées dans le fichier français. Tout refus d'être inscrit dans ce fichier est punissable d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. La peine est doublée si la personne qui refuse est l'auteur d'un crime.

 

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