Turquie

Turquie: Ilker Basbug, ex-chef d'état-major de l'armée, convoqué par la justice

Le 26 juin dernier, le général Ilker Basbug (D) a démenti toute tentative de coup d'Etat contre le parti au pouvoir, l'AKP, en affirmant qu'il s'agissait d'une campagne de diffamation contre l'armée.
Le 26 juin dernier, le général Ilker Basbug (D) a démenti toute tentative de coup d'Etat contre le parti au pouvoir, l'AKP, en affirmant qu'il s'agissait d'une campagne de diffamation contre l'armée. Reuters

Le général Ilker Basbug, ancien chef d’état-major turc en exercice jusqu’en août dernier, est convoqué par la justice ce jeudi 5 janvier 2012. Basbug sera entendu comme suspect dans l’enquête sur une sombre affaire de manipulation de l’information via internet. Une campagne qui visait à discréditer le parti AKP du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Le nombre de hauts gradés actuellement en procès pour complot contre le gouvernement et le nombre de procès en cours pourrait finir par blaser. Mais cette comparution est pourtant une première dans l’histoire de la République turque. Le général Ilker Basbug, qui dirigea les forces armées jusqu’à l'été dernier, était certes connu pour son aversion au gouvernement actuel, parce qu’issu de la mouvance islamiste.

Et nombre de ses proches collaborateurs sont d’ailleurs déjà derrière les barreaux pour cette raison. Mais de là à voir le premier des pachas du pays traîné en justice comme un justiciable lambda, peu de gens l’auraient imaginé il y a encore peu de temps.

Pourtant, le dossier d’accusation est épais, et tous les acteurs de ce complot ont reconnu l’existence d’une véritable cellule de propagande anti-islamiste et antigouvernement sur internet, qui regroupait pas moins de 42 sites d’information. Et pire : ces autres suspects soulignent tous le rôle actif du chef d’état-major au cours de ses années à la tête de l’armée.

La nouvelle de son audition a fait l’effet d’une bombe, hier mercredi à Ankara, la rumeur voulant que deux hauts commandants, reçus par le vice-Premier ministre alors même que le chef d’état-major actuel rendait visite au président de la République, promettaient de démissionner si leur ancien chef passait devant un juge. Mais l’affaire a été démentie par l’institution.

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