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Taxe Tobin : calendriers différents pour Paris et Berlin

Le président français Nicolas Sarkozy (g) et la chancelière allemande Angela Merkel (d) lors de leur conférence de presse lundi 9 janvier 2012 à Berlin.
Le président français Nicolas Sarkozy (g) et la chancelière allemande Angela Merkel (d) lors de leur conférence de presse lundi 9 janvier 2012 à Berlin. Reuters / Fabrizio Bensch

Lors d’une rencontre destinée à préparer le sommet européen de la fin du mois, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont souligné ce lundi 9 janvier 2012 leur entente sur la plupart des dossiers. Mais si les deux dirigeants prônent l’introduction d’une taxe sur les transactions financières, ils divergent en revanche sur les modalités de sa mise en place.

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De notre correspondant à Berlin

Accord sur le fond, différences sur la forme: c’est ainsi qu’on pourrait résumer les déclarations d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy. Berlin n’avait pas été enthousiasmé par l’annonce du président français de faire le cas échéant cavalier seul en introduisant en France une taxe sur les transactions financières. La presse allemande a sévèrement critiqué un projet jugé « économiquement irréaliste » et avant tout « électoraliste ».

A Berlin, les deux dirigeants ont réitéré leur soutien à une telle taxe rappelant qu’ils en avaient plaidé la cause lors de rencontres internationales passées. Nicolas Sarkozy a estimé qu’il fallait le cas échéant montrer l’exemple pour faire avancer les choses en anticipant l’adoption d’une directive européenne.

Pour le président français, cette taxe doit permettre de faire participer le secteur financier au redressement de la situation économique actuelle. Un secteur qui porte une part de responsabilité dans les difficultés du moment, pour Nicolas Sarkozy. Le président de la République a indiqué que l’affectation et les modalités de ce nouveau prélèvement seraient précisées à la fin du mois, après le sommet social prévu le 18 janvier.

Angela Merkel veut elle, rester dans les clous européens. Le but de la chancelière est qu’une déclaration d’intention des ministres des Finances des 27 intervienne sur le dossier d’ici mars. Angela Merkel ne souhaite pas un cavalier seul franco-allemand sur ce sujet mais elle a cependant concédé qu’elle pouvait imaginer un accord entre les 17 de la zone euro, consciente de l’opposition résolue de Londres à un tel projet. Reste à convaincre ses alliés au sein de sa coalition. Le petit parti libéral allemand rejette une telle taxe.

Le couple « Merkozy » affiche son accord global sur les autres dossiers

Sur les autres dossiers européens du moment, le couple « Merkozy » a affiché son accord global, par exemple, en plaidant pour le maintien de la Grèce dans la zone euro, à condition que le pays mette en oeuvre les réformes promises. Selon la presse allemande, le Fonds monétaire international, l’un des bailleurs du pays, doute de plus en plus de la capacité d’Athènes à redresser la situation. Angela Merkel devrait en parler mardi 10 janvier 2012 en recevant la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

Concernant le reste de la zone euro, Paris et Berlin souhaitent des décisions rapides. Nicolas Sarkozy a évoqué une situation très « tendue ». Les deux responsables veulent que le financement du fonds de stabilité européen, le MES, qui doit se mettre en place six mois plutôt au 1er juillet, soit réglé. Le traité intergouvernemental renforçant la discipline budgétaire sur lequel 26 des 27 pays européens se sont engagés doit être signé « pour le premier mars », d’après Nicolas Sarkozy.

Mais si l’heure est aux économies et au redressement des finances publiques avec de nouveaux mécanismes de contrainte pour les Etats, le président français a insisté avec la chancelière sur la nécessité de soutenir la croissance et l’emploi. Avec une subtile nuance, Nicolas Sarkozy évoquant « une priorité », Angela Merkel un « second pilier ».

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