Grèce / Crise économique

La Grèce entre nouveau plan de rigueur et nouvelles manifestations

Affrontements entre la police et des manifestants à Athènes, le 10 février 2012.
Affrontements entre la police et des manifestants à Athènes, le 10 février 2012. REUTERS/Yannis Behrakis
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'objectif pour le gouvernement grec est d’éviter le défaut de paiement le mois prochain. Ses créanciers internationaux sont prêts à lui accorder une nouvelle aide, une enveloppe de 130 milliards d'euros, mais ils ont posé des conditions. Ils exigent un assainissement des finances publiques et un engagement ferme des partis politiques à respecter ces engagements internationaux. Soumis à cette pression, Athènes a donc adopté un nouveau plan d'austérité. Le texte a été validé par le Conseil des ministres, le vendredi 10 février 2012.

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Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinssot

Ce nouveau plan de rigueur a été approuvé vendredi par le Conseil des ministres mais il ne satisfait pas tous les membres de l'exécutif. On a assisté à six démissions au sein du gouvernement, parmi lesquelles tous les membres d'extrême-droite de la coalition. Il s'agissait du sulfureux ministre des Transports Makis Voridis, d'un ministre adjoint et de deux secrétaires d'Etat. Par ailleurs deux membres socialistes du gouvernement ont aussi quitté le navire depuis le début de la semaine.

Ce rebondissement est assez paradoxal car les trois partis de la coalition au pouvoir, après de longs jours de tractation, avaient fini par trouver un accord sur cette nouvelle cure d'austérité. En fait, l'extrême-droite grecque est surtout préoccupée par son électorat, en vue du scrutin anticipé du printemps prochain, elle espère bien avec ce retournement de veste récupérer quelques voix.

Vendredi, le Premier ministre Lucas Papademos a appelé le gouvernement à ses responsabilités : « C'est un moment de responsabilité historique pour le Conseil des ministres. La faillite de la Grèce n'est pas une option que nous pouvons nous permettre. Le pays paierait très cher les conséquences et en particulier ceux qui se battent déjà pour s'en sortir dans une réalité difficile. A présent il faut tout faire pour mettre en place le nouveau programme économique et faire avancer la nouvelle convention d'emprunt. Toute autre évolution serait catastrophique ».

Grève générale

Les Grecs qui manifestent ont perdu toute confiance en la démocratie.

En direct du centre d’Athènes

Le gouvernement est aussi sous la pression de la rue. La grève générale, entamée hier, se poursuit aujourd'hui à l'appel des confédérations syndicales du public et du privé. Les transports en commun seront de nouveau bloqués, de nombreux rassemblements sont prévus en particulier sur la place centrale d'Athènes, Syntagma, dès la fin de la matinée.

Cependant, beaucoup de Grecs ne descendent pas dans la rue, ils sont tous simplement abattus par les mesures qui n'en finissent pas. Ils ont peur des violences et des réactions policières musclées qui coupent court systématiquement aux manifestations. Le climat est lourd, et il sera encore plus lourd demain avec de nouvelles manifestations prévues dans l'après-midi, pendant que le Parlement examinera le texte validé en Conseil des ministres. Le vote de ce programme d'austérité devrait intervenir dimanche soir.

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