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Russie

Russie: Pussy Riot, des punkettes politiques emprisonnées à Moscou

Le collectif Pussy Riot lors d'une action.
Le collectif Pussy Riot lors d'une action. DR
Texte par : Anya Stroganova
4 mn

Avant les élections, les opposants russes de tout genre ont multiplié les actions contre le gouvernement en place. Parfois de façon humoristique, parfois sous le signe de la provocation. La dernière action du collectif féministe punk Pussy Riot n’a pas du tout été du goût de l’Eglise orthodoxe, ni du gouvernement russe. Depuis, trois punkettes féministes sont derrière les barreaux.

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Mise à jour :
(AFP) : Un tribunal s’est prononcé aujourd’hui, le 19 avril 2012, sur le maintien en détention provisoire (de deux mois) d'une des trois membres du groupe punk Pussy Riot, qui risquent jusqu'à sept ans de prison pour avoir chanté une "prière" anti-Poutine devant l'autel de la cathédrale du Christ-Sauveur.

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Le 21 février dernier, cagoules colorées aux visages, trois punkettes du collectif Pussy Riot ont chanté, sans autorisation, un « Te Deum punk » particulièrement iconoclaste dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, une église qui symbolise le renouveau orthodoxe.

Ultime pied de nez au pouvoir en place, action artistique au goût de blasphème? Toujours est-il qu’aujourd’hui, trois d’entre elles risquent jusqu’à 7 ans de prison. A l’instar des activistes du groupe Femen, l’histoire de Pussy Riot, fait dorénavant beaucoup de bruit hors Russie et montre combien, dans ce pays, la division est importante entre l’opinion publique et un Etat plus que jamais lié à l’Eglise.

Accusées de « vandalisme commis en groupe organisé »

Après leur happening dans l’église, c’est à la veille de l'élection présidentielle, que Nadezhda Tolokonnikova et Maria Alekhina, ont été interpellées par la police russe, placées en garde à vue puis accusées de « vandalisme commis en groupe organisé ».

Deux jours plus tard, les jeunes filles, toutes les deux mères d’un enfant en bas âge, se sont retrouvées placées en détention provisoire jusqu’au 24 avril.  Puis, le 16 mars, Ekaterina Samoutsevitch, a été elle aussi arrêtée et placée en détention provisoire.

« Se montrer chrétien à l’égard des Pussy Riot »

«Il n’y a pas de raison de les maintenir en détention !», s’est alors indigné sur son blog Alexeï Navalny un des leaders de l’opposition russe qui se déclare orthodoxe. Cet avis est partagé par presque sept mille personnes dont 23 prêtres orthodoxes, qui ont signé une lettre ouverte au patriarche russe et dans laquelle ils lui demandent de « se montrer chrétien à l’égard des Pussy Riot et d’intercéder auprès du tribunal pour leur libération ».

« Des comportements dignes de la décadence de Rome »

Pour l’instant, les réactions officielles de l’Eglise laissent peu d’espoir aux jeunes détenues. «La grande majorité des croyants orthodoxes condamnent ces actes», a déclaré à l'AFP le père Vsevolod Tchapline, responsable des relations entre l'Eglise et la société au Patriarcat de Moscou.

«Ces demoiselles sont des possédées mais elles se rendent bien compte de ce qu’elles font», a martelé le père Dimitri Smirnov, responsable des relations entre l’Eglise et les forces de l’ordre, qui compare l’action de Pussy Riot à «des comportements dignes de la décadence de Rome».

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