Espagne

Les Espagnols découvrent les chasses luxueuses du roi Juan Carlos au Botswana

Mostoles, 21 mars 2012. Le roi Juan Carlos, avec sa femme la reine Sofia (à dr.), lors de l'inauguration de l'hôpital de l'université du Roi Juan Carlos.
Mostoles, 21 mars 2012. Le roi Juan Carlos, avec sa femme la reine Sofia (à dr.), lors de l'inauguration de l'hôpital de l'université du Roi Juan Carlos. © Getty Images/Blazquez Dominguez

Les deux principaux quotidiens espagnols El Pais et El Mundo ont publié ce dimanche 15 avril 2012, une ancienne photo du roi d'Espagne, Juan Carlos, posant, fusil à la main, devant un éléphant mort. Une photo qui illustre le malaise ressenti par les Espagnols qui ont appris, vendredi, que leur souverain s'était fracturé la hanche dans une résidence au Botswana. Le roi était en safari de chasse alors que le gouvernement espagnol impose une politique d'austérité à la population.

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Avec notre correspondante à Barcelone, Martine Pouchard

Les absences du roi sont fréquentes, seuls les membres du gouvernement doivent être en permanence informés de ses faits et gestes. Pour le reste, au-delà de sa personne, jamais ou peu critiquée, il est vrai que le voyage du souverain pour chasser l’éléphant au Botswana en période de crise fait désordre. 

Le roi est tombé très tôt vendredi matin en ratant une marche dans sa salle de bain dans une résidence au Botswana. Il a été rapatrié en Espagne pour être opéré d’une fracture du col du fémur.  Il a 74 ans .

Que le roi d’Espagne ait une vie privée assez bien protégée, tous les Espagnols le savent et l’acceptent. Depuis longtemps, c’est un secret de polichinelle, le roi a, semble-t-il, un jardin secret dont il n’ouvre pas facilement les portes. Mais cette fois-ci, après le scandale qui touche son gendre Iñaki Urdangarin, soupçonné d'avoir détourné des fonds pour échapper au fisc, cet accident et surtout ses circonstances ont choqué.

Le roi, comme tous les Bourbons, est un chasseur invétéré. Mais de là, au plus fort de la crise, alors que les Espagnols se serrent la ceinture, à partir à la chasse et en plus, à l’éléphant , il y a un pas de trop qui a été franchi.

Le voyage n’était pas à la charge du contribuable. Le déplacement a eu lieu en avion privé, et la chasse était organisée par un groupe d’amis. Mais tout de même, constatent les éditorialistes, il y a là dans le comportement du monarque un certaine désinvolture criticable.

Quant aux amis des animaux, ils sont outrés même si, le précise la presse, il s’agit d’une chasse sous contrôle et qui préserve l’équilibre de la réserve. Un faux pas qui, pour autant, ne remet pas en cause la monarchie.
 

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