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Norvège / Justice

Norvège: plaidoyer politique de Breivik pour expliquer ses meurtres

Anders Behring Breivik s'entretient avec son avocat,  Geir Lippestad, lors de la deuxième audience de son procès, à Oslo, le 17 avril 2012.
Anders Behring Breivik s'entretient avec son avocat, Geir Lippestad, lors de la deuxième audience de son procès, à Oslo, le 17 avril 2012. REUTERS/Heiko Junge
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Anders Behring Breivik, jugé pour avoir tué 77 personnes l'an dernier en Norvège, a commencé au deuxième jour de son procès à Oslo à expliquer son geste, au cours d'un témoignage qui devait être très pénible à entendre, ont prévenu ses avocats. « Oui, je le referais », a notamment déclaré l'accusé, pour qui « les attaques du 22 juillet étaient des attaques préventives pour défendre les Norvégiens de souche ». Déclarant avoir agi au nom de son peuple, il a demandé l'acquittement.

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Avec notre correspondant à Oslo, Grégory Tervel

Anders Behring Breivik a été interrompu à plusieurs reprises par la juge, mais il a néanmoins été autorisé à proclamer la quasi-totalité du discours qu’il avait préparé. Un discours nécessaire, selon lui, pour dresser le cadre de sa défense et expliquer les raisons profondes de ses attaques du 22 juillet.

Pendant plus d’une heure, Breivik a tenté de placer le débat sur le plan politique et intellectuel. Dans la forme, il a plutôt réussi, avec un texte très construit et truffé de références à l’actualité ou à l’histoire mondiale.

Dans le contenu, en revanche, c’était violent et même très violent, lorsqu’il a comparé, par exemple, la jeunesse travailliste aux jeunesses hithlériennes, ou quand il a dénoncé les viols de ses sœurs norvégiennes par des musulmans.

Un juge récusé pour une petite phrase sur Facebook

On a eu droit à un pur plaidoyer d’extrême droite, ultranationaliste, où les journalistes et élites de la Norvège et de toute l’Europe ont été vivement accusés d’endoctriner la population dans le sens du multiculturalisme.

Breivik a exposé sa vision de son pays, qu’il a qualifié de « dictature », et sa vision du monde, en louant, par exemple, le modèle japonais ou coréen pour avoir réussi économiquement, tout en ayant refusé l’immigration de masse. C’était une vision à la fois haineuse et stupéfiante.

L’audience a été aussi marquée par un coup de théâtre, la récusation de l’un des juges. Le 23 juillet dernier, au lendemain des attentats, Thomas Indreboe a écrit sur son profil Facebook que la peine de mort était la seule juste peine dans cette affaire. En début d’année, il a été tiré au sort comme juge assesseur pour le procès de Breivik.

Sa petite phrase sur Facebook était passée inaperçue, jusqu’à ce mardi matin. Tous les acteurs du procès ont demandé le retrait du juge, car cette petite phrase était de nature à affaiblir la crédibilité de la cour qui a donc logiquement déclaré le juge assesseur incompétent. Un suppléant a donc pris sa place.

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