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Pays-Bas / Drogue

Aux Pays-Bas, les «coffee shops» commencent à fermer leurs portes aux étrangers

A l'intérieur d'un «coffee shop» de Maastricht, le 27 avril dernier.
A l'intérieur d'un «coffee shop» de Maastricht, le 27 avril dernier. REUTERS/Mischa Rapmund

Aux Pays-Bas, une « carte cannabis » est introduite ce 1er mai dans les coffee shops des régions sud du pays, frontalières avec la Belgique et l’Allemagne. Les bars à joints de Zélande, du Brabant septentrional et du Limbourg ne doivent plus accepter que des résidents locaux. Mais un long bras de fer s’annonce. Certains coffee shops annoncent déjà leur intention d’enfreindre l’interdiction, qui vise à lutter contre le narco-tourisme.

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En principe, le système de wiet pass, ou « carte cannabis », sera généralisé dans tout le pays en 2013. Mais beaucoup doutent encore de cette politique restrictive. Quelques maires et même des responsables de la police ont émis des réserves. A leur avis, les touristes de la drogue ne vont pas renoncer si facilement aux 700 bars à joints des Pays-Bas, qui pratiquent depuis 1976 une politique de tolérance unique en matière de drogues douces. Il est parfaitement légal, à partir de 18 ans, d’acheter un maximum de cinq grammes de drogues douces par personne et par jour dans les coffee shops, les fameux bars à joints, qui ne vendent pas d’alcool. Il est tout aussi légal de fumer dans la rue ou à l’hôtel, quitte à faire du tapage nocturne.

Pour Paul Depla, le maire de Heerlen (Limbourg), le wiet pass aura pour effet pervers et prévisible de provoquer l’essor d’un commerce illicite. Les étrangers s’approvisionneront dans la rue en herbe, haschish et space cakes, hors de tout contrôle sur la qualité des produits. En outre, rien ne garantit que la carte cannabis soit respectée dans les faits. Au pays des « cafés bruns », les autorités se sont déjà montrées incapables d’imposer l’interdiction de fumer du tabac dans les bars.

Les propriétaires de 19 coffee shops du sud du pays, opposés à la carte cannabis, ont déjà intenté un procès à l’Etat. Un tribunal de La Haye les a déboutés le 27 avril. Ils vont devoir devenir des clubs privés, strictement réservés à leurs membres néerlandais ou résidents permanents. Les récalcitrants encourent le risque de se voir retirer leur licence.

2,5 millions d'amateurs de fumette à Maastricht

A Maastricht, le maire libéral Onno Hoes soutient la politique restrictive. Sa ville accueille chaque année plus de 2,5 millions d’amateurs de fumette, à 60% étrangers. Mais certains des gérants des coffee shops de Maastricht ont annoncé qu’ils ne respecteraient pas la carte cannabis, de manière à entraîner des poursuites judiciaires. Si le maire ferme un bar à joints pour trois mois et que le juge invalide la décision, la commune devra payer des indemnités. Hubert Bruis, le maire de Venlo, s’oppose déjà à ce que les mairies payent pour les pots cassés d’une politique nationale décidée par le gouvernement.

La situation politique du pays, depuis la chute, le 23 avril, du gouvernement de droite mené par Mark Rutte, complique tout. En cas de victoire des travaillistes ou d’une coalition de gauche lors des prochaines législatives, le 12 septembre, la « carte cannabis » pourrait être remise en cause.

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