Accéder au contenu principal
Russie

Occupy Moscou, la révolution Twitter

Xenia Sobtchak, à droite, en compagnie de l'opposant Ilya Yashin, le 10 mai 2012.
Xenia Sobtchak, à droite, en compagnie de l'opposant Ilya Yashin, le 10 mai 2012. Reuters
Texte par : Anya Stroganova
4 mn

L’action de l’opposition à la veille de l’inauguration de Vladimir Poutine s’est radicalisée après l’intervention musclée des forces de l’ordre russes le dimanche 6 mai. Comme au début des contestations en décembre dernier, les chaînes fédérales n’en parlent pas. Les réseaux sociaux sont quant à eux très sollicités : Facebook comme Twitter. Surtout Twitter...

Publicité

Depuis l’intervention musclée des forces de l’ordre dimanche dernier, la protestation s’est radicalisée à Moscou. Les opposants ont organisé des « promenades » dans le centre-ville de Moscou avant de venir s’installer jeudi dernier à Tchistye Proudy, un parc de la capitale. On parle de « promenades » car elles sont effectuées sans aucun slogan, la police ne peut donc pas leur reprocher une manifestation non-autorisée. Elles sont sans alcool également pour que la même police n’y voit une violation de l’ordre public. Le campement, en plein centre de Moscou, a des allures d’Occupy Wall Street pour la contestation et d’Hyde Park pour le côté bon-enfant de cette contestation. Certains contestataires jouent au volley et au badminton (le sport apprécié par Dmitri Medvedev). Ils tweetent et postent des photos via leur compte Instagram. Ils y chantent des chansons de l’époque de la Perestroïka et lisent des poèmes. Il y a des pirojki, des thermos, des sacs de couchage et des toilettes bio. Les nouveaux arrivés font la relève des plus fatigués.

Des streamers font de la vidéo en ligne depuis les rues de Moscou

Entre dimanche et mercredi, quelque mille personnes ont été interpellées, dont les deux leaders de l’opposition, le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny et le leader du Front de gauche Sergueï Oudaltsov. Ils ont été condamnés chacun à 15 jours de prison.
Les derniers héros des réseaux sociaux russes sont des streamers qui avec leurs téléphones portables font de la vidéo en ligne depuis les rues de Moscou. Une vraie solidarité via ces mêmes réseaux sociaux s’est d’ailleurs créée. Ils demandent sur leur compte Twitter de leur ramener des chargeurs pour leurs smartphones ou de les héberger. Le serveur Ustream, sur lequel on peut suivre ces diffusions en ligne, met depuis quelques jours sur sa Une les sujets dédiés aux mouvements de contestation en Russie.

Les hipsters moscovites font leur «check-in» d'un fourgon cellulaire

La dernière tendance, voire la mode de ces derniers jours chez les hipsters moscovites, est de faire son « check-in » depuis un fourgon cellulaire. Mieux encore : sa petite photo Instagram. Le hashtag de ces deux derniers jours en Russie : #ОккупайАбай (« Occupy Abaï » en référence au Occupy Wall Street) car les opposants sont rassemblés au pied de la statue du poète kazak Abaï Kunanbaev à Tchistye Prudy. C’est le troisième parmi les tendances mondiales. Et on trouve déjà des portraits du poète jusque-là presque méconnu « photoshopés » à toutes les sauces sur internet ainsi que des tee-shirts #ОккупайАбай dans le commerce.

Une Paris Hilton russe est devenue l’égérie de l’opposition

Xenia Sobtchak, une sorte de Paris Hilton russe, est, en quelques mois de contestation, devenue l’égérie de l’opposition. Elle a proposé sur son Twitter de créer « un parti des amateurs d’Abaï ». Elle a écrit sur son blog, après la violente dispersion de la manifestation du 6 mai : « Vierge Marie, donne un ordinateur à Poutine » (en référence au punk-deum de Pussy Riot et aussi à la méconnaissance d’internet de la part du nouveau président russe). « C’est notre dernière chance commune », a-t-elle conclut.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.