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Football

Au lancement de l'Euro 2012, l'Ukraine montrée du doigt

Cérémonie d'ouverture de l'Euro 2012 à Kharkiv, en Ukraine, le 7 juin 2012.
Cérémonie d'ouverture de l'Euro 2012 à Kharkiv, en Ukraine, le 7 juin 2012. Ukrainian cadets perform during the opening ceremony of the Euro
Texte par : Laurent Geslin Suivre | Alejandro Valente
9 mn

L'Euro 2012 de football, organisé conjointement par la Pologne et l'Ukraine, commence ce vendredi 8 juin. Le premier match opposera la Pologne à la Grèce. L'Ukraine affrontera la Suède lundi. Les deux pays d'Europe de l'Est, qui se sont équitablement partagé les rencontres, risquent de vivre de manière fort différente cette grande fête du football. Pendant que la Pologne semble profiter à plein de cette vitrine dorée, pour l'Ukraine c'est plutôt la fête à la grimace.

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Alors que la Pologne, pays prospère et parfaitement intégré à l'Union européenne, vit cet Euro comme une consécration internationale, l'Ukraine a multiplié les difficultés depuis le début, au point que, jusqu'à récemment, la perspective d'une délocalisation des matches programmés sur son sol a été régulièrement évoquée.

Aux complications structurelles, à savoir l'absence d'infrastructures, les retards dans la construction des stades, le racisme, la crainte d'une prostitution à grande échelle, sont venus s'ajouter d'autres problèmes plus gênants, car touchant deux aspects très sensibles : la sécurité et la politique.

Le cas Timochenko

Il y a eu pour commencer, fin avril 2012, une série d'attentats dans la ville de Dniepropetrovsk. Quatre explosions dans des lieux publics, qui ont fait une trentaine de blessés, conduisant les autorités à ouvrir une enquête pour « terrorisme ».

Six semaines plus tard, on ne sait toujours pas grand-chose sur l'évolution de cette enquête, si ce n'est l'arrestation de deux suspects et la confirmation d'une piste conduisant vers le banditisme.

Il s'agirait donc d'un acte isolé mais qui vient s'ajouter à un dossier politique bien plus lourd, au point que l'Ukraine sera largement boycottée pendant l'Euro 2012 par les responsables politiques européens. Ce sera le cas notamment de la France, la ministre des Sports Valérie Fourneyron ayant annoncé qu'aucun responsable gouvernemental ne se rendra en Ukraine pendant la compétition.

A l'origine de cette démarche, la situation de Ioulia Timochenko. Ancien Premier ministre, cette jeune dirigeante ukrainienne issue de la révolution Orange en 2004 et connue autant pour sa fougue et son charisme que pour ses fameuses tresses blondes, purge depuis août 2011 une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir.

Une condamnation prononcée dans une affaire gazière à l'issue d'un procès expéditif. L'ancien Premier ministre et ses partisans dénoncent plutôt une vendetta de la part du président Victor Ianoukovitch, son vieux rival politique.

A l'approche de l'Euro, Ioulia Timochenko a donc organisé une grève de la faim et réussi à faire sortir des photos laissant penser qu'elle subissait de mauvais traitements en prison. Des photos qui ont fait le tour du monde, poussant les gouvernements européens à prendre clairement leurs distances.

En pointe de cette offensive : Angela Merkel, la chancelière allemande, qui a même dépêché un médecin au chevet de Timochenko, transférée depuis à l'hôpital de Kharkiv où elle reste sous surveillance policière. Le docteur Karl Max Einhaupl estime que depuis son transfert elle va mieux, mais se dit toujours inquiet sur le sort de l'ancienne égérie qui redoute un empoisonnement et refuse tout traitement pouvant comporter des injections.

Une Ukraine très divisée

Du côté de Kiev, les autorités ukrainiennes tentent de soigner leur image et de contrer cette publicité négative. Elles espèrent que, malgré tout, l'Euro permettra d'attirer de nombreux visiteurs et de véhiculer l'image d'un pays en plein développement, ouvert au monde. Le moins qu'on puisse en dire est que ce n'est pas gagné d'avance.

D'autant que, si la population semble heureuse d'accueillir cet événement, le boycott européen est salué par l'opposition et par ceux qui dénoncent les dérives autoritaires du régime. Des adversaires du régime Ianoukovitch qui profitent de l'afflux de journalistes pour défendre la cause de Timochenko, dont la situation doit être examinée par la Cour de cassation fin juin.

Ce n'est donc pas une Ukraine unie et réconciliée qui accueille cet Euro 2012. L'image dégradée du pays sur la scène internationale et les coûts excessifs des séjours proposés vont sans doute faire que les visiteurs étrangers seront bien moins nombreux que prévu. Reste à espérer que les dirigeants européens n'oublieront pas l'Ukraine et ses problèmes au lendemain de la finale, le 1er juillet à Kiev.

Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinsot

En 2004, alors que le football grec n’avait jamais brillé au niveau mondial, l’équipe nationale avait battu le Portugal, pays d’accueil, dès le match d’ouverture puis à nouveau en finale.

Pour les Grecs, une victoire ce vendredi soir contre les Polonais, qui jouent chez eux, semble à nouveau possible. C’est en tout cas ce que veulent croire les joueurs, quand bien même la Grèce n’a plus refait surface depuis leur exploit. Lors de l’Euro 2008, le pays a été éliminé dès le premier tour, puis a fait une prestation assez lamentable au Mondial de 2010.

Qu'à cela ne tienne ! Giorgos Tzavellas, défenseur de l’équipe, a déclaré : « Je crois que nous pouvons répéter ce que nous avons fait en 2004. la Pologne va avoir la pression du premier match en tant qu’équipe qui reçoit. Nous espérons être ceux qui gâcheront la fête. »

Cela dit, l’équipe a bien changé depuis 2004. Seulement trois joueurs sont restés, et surtout l’entraîneur a changé. Ce n’est plus l’Allemand Otto Rehhagel qui avait tout misé sur une défense imparable, mais le Portugais Fernando Santos qui a orienté l’équipe vers un jeu davantage offensif. Il faut dire que les joueurs sont sur la bonne voie : l’équipe est restée imbattue pendant toute la phase des qualifications.

Une victoire pour remonter le moral

Côté économique, la crise a-t-elle un impact sur le football grec ? Du côté de l’équipe nationale, pas de vrai changement à vrai dire. L’entraîneur a même pu bénéficier d’une copieuse augmentation pour les deux années à venir. En revanche, du côté des supporteurs, c’est la crise. Ils sont seulement 3 000 à 5 000 à faire le déplacement jusqu’en Pologne.

Or, les Grecs sont de grands amateurs de foot. Ici, on est souvent supporteur d’une équipe de père en fils. On suit généralement de près les championnats. Ils seront donc nombreux ce vendredi à suivre le match qui sera retransmis en direct sur la chaîne nationale.

Et dans le contexte actuel, nul doute qu’une petite victoire serait la bienvenue. Elle permettrait de mettre entre parenthèses la morosité ambiante. Cela dit, le pays est en campagne électorale. En ce moment, et au vu des élections du 17 juin, pour l’heure, c’est encore cela qui est au centre des discussions.

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