Allemagne

Allemagne : dernier procès de la Fraction armée rouge

Verena Becker, ancien membre de la Fraction armée rouge (RAF), arrive dans la salle d'audience à Stuttgart, le 12 juin 2012.
Verena Becker, ancien membre de la Fraction armée rouge (RAF), arrive dans la salle d'audience à Stuttgart, le 12 juin 2012. REUTERS/Alex Domanski

Un tribunal de Stuttgart a condamné, ce vendredi 6 juillet, 35 ans après les faits, une ancienne membre de la Fraction armée rouge (RAF), le mouvement terroriste d’extrême-gauche. Si une plus grande sérénité a régné durant le procès qu’au moment des faits, la loi du silence des anciens de la RAF n’a pas permis de tirer au clair les circonstances de l'attentat du 7 avril 1977 qui, comme d’autres à l’époque, a traumatisé l’Allemagne.

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Vingt-et-un mois de procès dont 90 jours de séances, plus de 160 témoins et une douzaine d’experts n’auront pas permis de tirer au clair la mort du procureur fédéral Siegfried Buback. Ce haut responsable de la justice allemande avait été tué le 7 avril 1977 par un commando à moto à Karlsruhe. Son chauffeur et son garde du corps avaient également été assassinés lors de cet attentat.

Comme dans d’autres opérations similaires, les auteurs des actions commises par la Fraction armée rouge n’ont pas été formellement identifiés. Si un procès s’est ouvert il y a un peu moins de deux ans contre Verena Becker, une ex-militante du mouvement terroriste, c’est à la suite d’informations fournies par le fils de la victime Michael Buback. Ce dernier, persuadé que Verena Becker était sur la moto d’où les coups de feu mortels avaient été tirés sur son père, avait évoqué de nouveaux indices qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête puis d’un procès.

Ce sera sans doute le dernier contre un membre de la Fraction armée rouge. Il n’aura pas permis de savoir qui étaient les deux personnes auteurs de l’attentat. Certes les nouvelles techniques ont permis de retrouver des traces de l’ADN de Verena Becker sur le communiqué de la RAF revendiquant l’attentat mais sa présence sur place n’a pu être prouvée. L’intéressée a déclaré durant le procès qu’elle se trouvait à l’étranger au moment des faits.

Verena Becker a été condamné ce vendredi à Stuttgart à quatre ans de prison ferme pour complicité. Sa peine sera de fait plus courte car deux ans et demi seront retranchés en raison d’une condamnation antérieure pour d’autres faits.

Ce procès laissera sur leur faim ceux qui espéraient que la vérité finisse par percer après plus de trente ans. Mais les acteurs d’autrefois de la RAF restent fidèles à une loi du silence qui équivaut à une revanche morale contre les proches de leurs victimes. Michael Buback a beau resté persuadé que Verena Becker a assassiné son père, le tribunal n’a pas jugé que ce soupçon était étayé.

Un tribunal qui devait non seulement trancher sur la culpabilité de Verena Becker mais aussi rejeter les accusations de Michael Buback. Ce dernier estime que Verena Becker qui a collaboré avec les autorités durant son séjour en prison jusqu’à sa grâce en 1989 avait été couverte par la justice pour la remercier d’avoir participé à la lutte contre les membres de Fraction armée rouge à l’époque encore en liberté. Il est vrai que les refus des ministres de l’Intérieur d’ouvrir les dossiers peuvent laisser sceptiques.

Si le temps n’a pas permis de connaître la vérité, il a en revanche permis à une justice plus apaisée de remplir son rôle. Une justice qui à la fin des années 70, alors que la bande à Baader et ses membres faisaient trembler les fondements de l’Allemagne de l’Ouest, condamnaient les terroristes à la perpétuité avant de les incarcérer dans des quartiers de haute sécurité.

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