France / Royaume-Uni

En visite à Londres, François Hollande donne un «nouvel élan» à la relation franco-britannique

David Cameron et François Hollande lors de leur conférence commune au 10 Downing Street à Londres le 10 juillet 2012.
David Cameron et François Hollande lors de leur conférence commune au 10 Downing Street à Londres le 10 juillet 2012. REUTERS/Andrew Winning

Chaque fois que le président français François Hollande se rend dans une capitale européenne, il se rappelle (et on lui rappelle) que le candidat Hollande avait été snobé par tous les dirigeants. David Cameron n'avait pas fait exception à la règle et avait publiquement soutenu Nicolas Sarkozy. Autre amabilité du Premier ministre britannique : son attaque en règle contre la politique fiscale du nouveau président français, à l'ouverture du dernier sommet du G20 au Mexique. Londres se disant prêt à dérouler le tapis rouge pour les entreprises françaises effrayées par le projet d'imposer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros. Une prise de position guère appréciée par l'Elysée. « Je ne suis pas dangereux », avait pourtant prévenu François Hollande (en anglais dans le texte) lors de sa visite à Londres en février dernier.

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Avec notre envoyé spécial à Londres, Florent Guignard

C'est donc dans ce contexte un peu crispé que François Hollande arrive à Londres pour donner un « nouvel élan et un nouveau style » à la relation franco-britannique, selon l'Elysée. Ce n'est pas une visite d'Etat, mais le président français sera aussi reçu par la reine, dans son château de Windsor. Une rencontre privée, en tête-à-tête. La compagne du président ne sera pas du voyage, elle n'est pas mariée.

« Si je devais avoir de la rancune à l’égard de tous les chefs d’Etat et de gouvernement qui ne m’ont pas reçu pendant la campagne, a ironisé François Hollande, je serais fâché avec le monde entier ».

Oubliées, les petites vexations subies par le candidat Hollande que le Premier ministre britannique n’avait pas voulu recevoir pendant la campagne. Oubliées aussi les attaques contre la politique fiscale du président français, le tapis rouge que David Cameron voulait dérouler pour les exilés fiscaux. « Je suis très heureux de construire une relation forte, et d’ailleurs le tapis rouge aujourd’hui c’est uniquement pour François », a déclaré le Premier ministre britannique.

Entente cordiale désormais affichée par les deux dirigeants, François Hollande donne même un coup de pouce à David Cameron, confronté à une opinion publique de plus en plus euro-sceptique : le Royaume-Uni a toute sa place dans une Europe multiforme. « La Grande-Bretagne n’entend pas devenir membre de la zone euro, s'est expliqué le président français, la France dans la zone euro n’entend pas obliger qui que ce soit à venir nous rejoindre. Donc nous devons concevoir l’Europe à plusieurs vitesses, chacun venant à son rythme, prenant ce qu’il veut dans l’Union, dans le respect des autres pays. Et c’est ainsi que nous construirons une relation respectueuse et forte ».

L’Europe ce n’est plus « tout ou rien », un changement de ligne revendiqué par l’Elysée qui tranche avec un passé récent.

 

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