Accéder au contenu principal
ROUMANIE

En Roumanie, le maintien au pouvoir de Traian Basescu ouvre une période d'instabilité

Le président roumain Traian Basescu brandit la « Torche de la démocratie » lors de son discours après les résultats du référendum, le 29 juillet 2012.
Le président roumain Traian Basescu brandit la « Torche de la démocratie » lors de son discours après les résultats du référendum, le 29 juillet 2012. REUTERS/Bogdan Cristel
Texte par : Tudor Tepeneag
4 mn

Plus de 7 millions de Roumains ont voté dimanche 29 juillet en faveur de la destitution du président, soit presque neuf votants sur dix. La participation au scrutin, environ 46% des électeurs inscrits, reste cependant en dessous du seuil de validation. Le président Traian Basescu avait appelé ses partisans à boycotter le référendum. Il devrait désormais retrouver ses fonctions de chef de l’Etat. La cohabitation avec l’alliance de centre-gauche USL s’annonce difficile.

Publicité

Les adversaires politiques du président Traian Basescu ressentent une grande frustration après le référendum qui devrait lui permettre de retrouver son poste. Accusé d’avoir outrepassé ses attributions et d’avoir enfreint la Constitution, il avait été suspendu par le Parlement de Bucarest au début du mois de juillet. Ses détracteurs l’accusent d’avoir contribué à la crise économique qui frappe la Roumanie. Ils le soupçonnent aussi de favoritisme et d’avoir manipulé des institutions de l’Etat dans son propre intérêt. 

Lors de ce test grandeur nature, Traian Basescu a pu mesurer son impopularité actuelle. Plus de 7 millions de Roumains ont voté sa destitution, alors qu’en 2009 il n’avait été élu pour un deuxième mandat qu’avec un peu plus de 5 millions de voix. Pour le Premier ministre social-démocrate Victor Ponta, le vote des Roumains au référendum montre que Traian Basescu « n’est plus un président légitime, il est un simple citoyen qui veut continuer à profiter de l’argent publique ». 

Travailler pour la réconciliation de la société roumaine 

La majorité de centre-gauche a promis de respecter la décision de la Cour constitutionnelle, qui devrait en principe invalider le référendum et permettre à Traian Basescu de retourner au palais de Cotroceni. Mais plusieurs des ténors sociaux-démocrates, dont l’ancien président Ion Iliescu, ont demandé à la Cour de valider le scrutin et d’avaliser ainsi la destitution de Traian Basescu. Ce dernier a en tout cas promis d’œuvrer désormais pour la réconciliation de la société roumaine, mais a tout de même qualifié la menace de sa destitution de « coup d’Etat ». 

Toader Paleologue, ancien ministre de la Culture, reconnaît que Traian Basescu sort affaibli du référendum. Mais il préfère insister sur les points faibles des adversaires du président. Il rappelle par exemple que le Premier ministre Victor Ponta a perdu sa crédibilité, une commission universitaire ayant confirmé qu’il a bien plagié une partie de sa thèse de doctorat. Lui-même ancien ambassadeur, Toader Paleologue parle aussi « d’efforts diplomatiques considérables pour réparer, sur le plan international, les dommages causés par ces quelques semaines de totale irresponsabilité gouvernementale ».  

Cohabitation agitée en vue 

La plupart des observateurs s’attendent à ce que la Roumanie traverse une période d’incertitude, voire d’instabilité politique. Le mandat présidentiel de Traian Basescu court jusqu’en 2014, alors qu’aux élections législatives prévues en décembre de cette année, ses adversaires de centre-gauche sont donnés largement favoris. Dans ces conditions, une cohabitation au plus haut niveau de l’Etat semble inévitable. 

Pour l’éditorialiste Christian Mititelu, invité de RFI, «  le régime semi-présidentiel roumain favorise les conflits au plut haut niveau de l’Etat. Le président contrôle les services secrets, en nombre de cinq, c’est lui qui nomme les procureurs de la République et les juges, mais il ne peut pas démettre le gouvernement ». D’ailleurs, insiste-t-il, « la personnalité de Traian Basescu n’encourage pas une cohabitation. Il est assez autoritaire et a un langage agressif. Ses adversaires auront du mal à trouver la sagesse de coopérer avec le président, d’autant plus qu’ils manquent eux-mêmes d’expérience et aussi de sobriété ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.