JEUX OLYMPIQUES / RESEAUX SOCIAUX

Les Jeux olympiques et Twitter, une cohabitation difficile

Compte Twitter officiel du basketteur français Tony Parker, très actif sur le réseau.
Compte Twitter officiel du basketteur français Tony Parker, très actif sur le réseau. Twitter

Depuis le début des Jeux olympiques 2012, Facebook et surtout Twitter sont sous surveillance étroite de la part du Comité international olympique (CIO). L’explosion de ces réseaux sociaux et leur popularité dans le milieu sportif font craindre des débordements aux organisateurs des JO, qui tiennent à garder la maîtrise de la communication autour du grand rendez-vous sportif.

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La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, le 27 juillet, ne fut pas seulement un grand spectacle mis en scène par Danny Boyle et diffusé par les télévisions du monde entier. Ce fut aussi un déferlement de tweets de la part des athlètes eux-mêmes, qui filmaient et photographiaient ce qu’ils voyaient au stade olympique et s’empressaient de diffuser ces images et leurs commentaires à leurs suiveurs dans le monde entier.

Un cauchemar pour le CIO, qui a donc fixé des règles strictes afin d'éviter les dérapages. Par exemple, il est interdit aux sportifs de commenter l'alimentation qui leur est fournie ou de diffuser des images vulgaires ou obscènes, mais aussi toute image prise à l’intérieur de la villa olympique, le lieu de résidence des athlètes, afin de préserver leur vie privée.

Et surtout, il est interdit aux sportifs participant aux Jeux de jouer les journalistes sur leurs blogs ou leurs comptes Twitter. Une pratique qui pourrait mettre en danger les droits négociés à grands frais avec les grands médias du monde entier.

Près de 500 millions de twitteurs

Certes, les réseaux sociaux ne font pas leur apparition dans ces Jeux olympiques 2012. Ils étaient déjà présents quatre ans plus tôt à Pékin. Mais ce qui a changé d’une olympiade à la suivante est l’échelle du phénomène. Il y a quatre ans, Facebook réunissait cent millions d'utilisateurs, chiffre qui s’est presque multiplié par dix depuis.

Quant à Twitter, ce n'était à l'époque qu'un média embryonnaire. Alors qu'aujourd'hui, il compte près de 500 millions d'utilisateurs, dont énormément de sportifs qui ont trouvé là un outil de communication parfaitement adapté. Et leurs sponsors les soutiennent, voire les encouragent dans cette démarche.

Faute de pouvoir contrôler le phénomène, le Comité international olympique a donc mis en place une surveillance très pointilleuse de tout ce qui circule sur ces réseaux, et notamment sur Twitter. Et certains athlètes ont payé leur mauvais goût par une exclusion pure et simple.

Ce fut le cas de l'athlète grecque Voula Papachristou, sanctionnée avant même le début des Jeux, et du footballeur suisse Michel Morganella, expulsé pour avoir envoyé des tweets jugés racistes. Papachristou avait fait une blague de mauvais goût sur les Africains alors que Morganella avait qualifié les Sud-Coréens de « trisos » et les avait exhortés à aller « tous (se) brûler ».

Le plus curieux, c'est que les twitteurs coréens ont été, depuis, très nombreux à soutenir Morganella sur les réseaux, alors que le footballeur était très critiqué en revanche par ses compatriotes suisses...

Un code de bonne conduite

D'autres sportifs ont été avertis ou font l'objet d'enquêtes pour s'être défoulés sur les réseaux, que ce soit en critiquant l'organisation ou en suscitant des polémiques. Ce fut le cas d'une judoka brésilienne qui avait qualifié d'« imbéciles » ceux qui s'étaient moqués de son élimination prématurée, ou d'une nageuse espagnole qui accusait les dirigeants de sa fédération d’accaparer les billets pour ces Jeux au lieu de les partager avec les sportifs et leurs familles.

Des avertissements qui ont touché aussi des journalistes ou même des utilisateurs anonymes, très nombreux à communiquer ou à donner des avis parfois extrêmes sur le déroulement des JO. Le code de bonne conduite s’applique à tout le monde…

Ces cas sont très marginaux, au grand soulagement du Comité international olympique. La grande majorité des athlètes présents aux Jeux semble avoir adopté la devise de Valérie Trierweiler, la première dame de France qui, après avoir commis sa fameuse gaffe sur le réseau, a promis de tourner sept fois son pouce avant de tweeter.

Notre dossier spécial Londres 2012

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